Fraude à la viande de cheval : encore une affaire !
Les autorités sont sur la piste d'un vaste trafic européen : 70 chevaux viennent d'être saisis en France. Treize ans après l'affaire des lasagnes à la viande de cheval, les circuits frauduleux n'ont pas disparu.
Une nouvelle affaire de fraude à la viande de cheval a été révélée en France, impliquant des produits transformés comme des lasagnes ou des hachis. Cette fraude consiste à substituer partiellement ou totalement la viande bovine par de la viande équine, sans que cela soit indiqué sur l’étiquette. Les autorités sanitaires ont découvert cette pratique lors de contrôles renforcés sur la traçabilité des viandes. La viande de cheval, moins chère que la viande bovine, est parfois utilisée pour réduire les coûts de production, ce qui pose des problèmes éthiques, sanitaires et de transparence pour les consommateurs. Les produits concernés sont souvent vendus sous forme de plats préparés ou de plats surgelés, où la viande est difficile à identifier visuellement.
Plusieurs acteurs sont mis en cause dans cette fraude. D’un côté, des abattoirs et des entreprises de transformation de viande, qui pourraient avoir mélangé ou substitué des viandes sans respecter les règles d’étiquetage. De l’autre, des distributeurs et des fabricants de plats préparés, qui achètent ces viandes à bas prix pour produire des plats finis. Les contrôles sont réalisés par les services vétérinaires et les autorités sanitaires, comme la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui dépend du ministère de l’Économie. Cette institution est chargée de vérifier la conformité des produits alimentaires commercialisés en France.
La fraude à la viande de cheval présente des risques sanitaires, notamment en raison de la possible présence de résidus de médicaments vétérinaires utilisés chez les chevaux. Ces résidus, comme le phénylbutazone (un anti-inflammatoire), peuvent être nocifs pour la santé humaine, en particulier pour les personnes sensibles ou allergiques. En 2013, une crise similaire avait révélé la présence de ce médicament dans des produits à base de viande de cheval vendus en Europe. Les autorités sanitaires rappellent que la viande de cheval doit faire l’objet des mêmes contrôles stricts que la viande bovine, notamment pour détecter d’éventuels contaminants ou pathogènes.
Les contrôles menés par la DGCCRF ont permis de constater que certains lots de viande ou de plats préparés ne respectaient pas les règles d’étiquetage. En cas de fraude avérée, les entreprises responsables s’exposent à des sanctions administratives ou pénales, pouvant aller jusqu’à des amendes ou des peines de prison pour les dirigeants. En 2013, après la première crise de la viande de cheval, la France avait renforcé ses contrôles et mis en place des sanctions plus sévères pour lutter contre les fraudes alimentaires. Les produits concernés peuvent être retirés du marché et rappelés auprès des consommateurs, comme cela avait été le cas en 2013 pour des lasagnes contenant de la viande de cheval non déclarée.
Cette nouvelle affaire de fraude alimentaire risque d’alimenter la méfiance des consommateurs envers les produits transformés et les plats préparés. En 2013, la crise avait entraîné une baisse significative des ventes de plats surgelés et une demande accrue pour des produits locaux ou issus de circuits courts, perçus comme plus transparents. Les associations de consommateurs, comme l’UFC-Que Choisir, dénoncent régulièrement les failles du système de traçabilité et réclament des contrôles plus stricts et une meilleure information des acheteurs. Les consommateurs sont encouragés à vérifier les étiquettes et à privilégier les produits avec une origine clairement indiquée.
Cette fraude s’inscrit dans un contexte plus large de fraudes alimentaires en Europe, où les produits transformés sont souvent fabriqués à partir de matières premières importées de plusieurs pays. La viande de cheval, par exemple, peut provenir de pays comme la Roumanie ou la Pologne, où les coûts de production sont plus bas. Les autorités européennes, comme l’*Autorité européenne de sécurité des aliments* (**EFSA**), soulignent la nécessité d’une meilleure coordination entre les États membres pour lutter contre ces fraudes. En 2013, l’affaire avait révélé des lacunes dans la traçabilité transfrontalière, poussant l’UE à renforcer ses règles sur l’étiquetage et les contrôles sanitaires.

