Vénus a pu avoir une lune, mais peut-être qu’elle l’a dévorée
Souvent considérée comme une jumelle de la Terre, Vénus n'a pourtant pas de Lune. De nouveaux travaux avancent qu'elle a peut-être eu un satellite, détruit très tôt dans l'histoire de la planète..
Vénus, souvent comparée à la Terre pour sa taille et sa composition rocheuse, ne possède aujourd'hui aucune lune. Contrairement à la Terre, qui orbite autour d'un satellite naturel (la Lune), Vénus est une planète solitaire dans son système. Cette absence intrigue les scientifiques, car les planètes rocheuses comme la Terre ou Mars possèdent généralement au moins un satellite naturel. Les chercheurs se demandent depuis longtemps pourquoi Vénus n'a pas de lune, alors que sa voisine la Terre en a une et que Mars en compte deux (Phobos et Deimos).
Une étude récente, publiée en prépublication sur la plateforme arXiv (une archive ouverte dédiée aux recherches scientifiques non encore évaluées par les pairs), suggère que Vénus a pu avoir une lune dans son passé lointain. Cette hypothèse repose sur des simulations numériques montrant que la rotation extrêmement lente de Vénus (un jour vénusien dure environ 243 jours terrestres, soit plus long qu'une année vénusienne) pourrait rendre tout satellite naturel instable. La planète exercerait alors une attraction gravitationnelle si forte que le satellite finirait par se rapprocher dangereusement avant d'être déchiré par les forces de marée.
Les forces de marée sont des effets gravitationnels qui déforment un objet céleste en réponse à l'attraction d'un autre corps massif, comme une planète. Par exemple, la Lune exerce des forces de marée sur la Terre, ce qui crée les marées océaniques. Dans le cas de Vénus, si un satellite s'en approchait trop, ces forces pourraient étirer et fragmenter l'objet jusqu'à le réduire en morceaux. Ces débris pourraient ensuite être absorbés par la planète ou dispersés dans l'espace. Ce phénomène expliquerait pourquoi aucun satellite n'est visible autour de Vénus aujourd'hui.
La mission DAVINCI (Deep Atmosphere Venus Investigation of Noble gases, Chemistry, and Imaging) de la NASA, prévue pour les années 2030, pourrait fournir des indices sur cette hypothèse. Cette mission vise à étudier l'atmosphère dense et toxique de Vénus, composée principalement de dioxyde de carbone et d'acide sulfurique. Les instruments de DAVINCI pourraient détecter des signatures atmosphériques inhabituelles, comme des éléments chimiques ou des isotopes, qui témoigneraient d'un ancien satellite. Si des traces d'un objet céleste détruit sont présentes dans l'atmosphère, cela confirmerait l'idée qu'une lune a bien existé autour de Vénus avant d'être anéantie.
La Terre et Vénus partagent de nombreuses similitudes, comme leur taille, leur masse et leur composition rocheuse. Pourtant, leur histoire géologique et climatique diffère radicalement. La Terre possède une lune massive, stabilisatrice, qui influence les marées et modère l'axe de rotation de la planète. Vénus, en revanche, tourne sur elle-même à une vitesse extrêmement lente et dans le sens inverse des autres planètes (rotation rétrograde). Cette particularité, combinée à son atmosphère épaisse et toxique, en fait un environnement hostile à la vie. L'absence de lune pourrait expliquer en partie ces différences, en influençant la stabilité climatique et la dynamique interne de la planète.

