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Environnement

Petite, électrique et pas chère : salariés de l'automobile et écolos imaginent la voiture de demain

Reporterre · mis à jour il y a 5 j

Un collectif d' ONG et de syndicats appelle à refonder la politique automobile de la France. Ils défendent la construction en Europe de véhicules électriques de petite taille, donc plus abordables et plus sobres.

Collectif pour l'industrie auto

Un regroupement de syndicats (CFDT et CGT) et d’associations (Transport & Environment, Fondation pour la nature et l’Homme, Réseau Action Climat) a publié un manifeste le 8 octobre 2026. Ce collectif demande une refonte de la politique industrielle automobile en France, avec pour objectif de soutenir la production locale de véhicules électriques plus petits, plus abordables et plus sobres. Ils appellent les candidats à l’élection présidentielle à signer ce manifeste avant le Mondial de l’auto à Paris. Selon Pierre Leflaive, responsable transports au Réseau Action Climat, la décarbonation du secteur automobile et la préservation de l’emploi sont deux enjeux liés. Le collectif souligne que la stratégie actuelle des constructeurs, axée sur des véhicules haut de gamme comme les SUV électriques coûteux (à partir de 30 000 €), exclut une partie des ménages et affaiblit la compétitivité de la filière.

Voitures électriques abordables

Les constructeurs ont récemment lancé des modèles électriques plus accessibles, comme la Renault Twingo e-Tech ou la Citroën ë-C3, dont les prix varient entre 20 000 € et 25 000 €. Cependant, le collectif estime que ces efforts ne suffisent pas et plaide pour une politique volontariste visant à produire des voitures encore plus économiques. La Fondation pour la nature et l’Homme (FNH) a étudié la faisabilité d’un véhicule électrique à moins de 15 000 €, en réduisant drastiquement son poids. Cela implique des compromis sur l’autonomie (limitée à 140-200 km) et la vitesse maximale (bridée à 110 km/h). Ces caractéristiques correspondent aux besoins quotidiens de nombreux automobilistes, notamment comme second véhicule d’un foyer. Selon la FNH, ce type de voiture pourrait représenter entre 2,5 et 3 millions de ventes annuelles dans l’Union européenne, soit 20 % du marché automobile.

Avantages des voitures légères

Les voitures électriques légères présentent plusieurs avantages environnementaux et économiques. Leur batterie, de capacité réduite, nécessite moins de lithium pour leur fabrication. Selon la FNH, cela permettrait d’économiser 6 000 tonnes de lithium par an en Europe. À l’usage, elles consomment moins d’électricité, avec une réduction estimée à 26 térawattheures par an. Ces véhicules maximisent aussi le bénéfice environnemental tout en minimisant les dépenses, tant à l’achat qu’à la recharge. L’Agence pour la transition écologique (ADEME) recommande d’ailleurs de privilégier les modèles à faible consommation, souvent les plus compacts, pour réduire l’impact écologique et financier. Cependant, elle rappelle que le choix le plus sobre reste de se passer de voiture individuelle, en privilégiant les transports collectifs, la marche ou le vélo.

Ce que ça pourrait changer

Le collectif rejette les critiques selon lesquelles les objectifs européens d’électrification seraient responsables de la crise du secteur automobile. Ces objectifs, qui visent à limiter les émissions de CO₂ et à interdire la vente de voitures thermiques neuves en Europe à partir de 2035, sont souvent pointés du doigt par les constructeurs. Bastien Gebel, de l’association *Transport & Environment*, explique que ces derniers préféreraient repousser les investissements et retarder la transition. Pourtant, selon une enquête menée auprès de 27 acteurs de la filière, le passage à l’électrique représente une opportunité pour beaucoup d’entre eux. Le collectif insiste donc sur la nécessité de maintenir le cap de l’électrification, car revenir en arrière fragiliserait les investissements déjà réalisés et ne résoudrait pas les difficultés structurelles du secteur.

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