Trump enterre toute régulation de l’IA, misant sur… la « responsabilité » des acteurs
Donald Trump veut assurer à l’écosystème de la tech états-unienne qu’il n’y aura pas de régulation juridique de l’IA. Rassemblant les CEO milliardaires de la tech pour un déjeuner, il leur a fait signer à la place un accord « contraignant moralement » mais pas légalement.
Le 29 septembre 2026, Donald Trump a organisé un déjeuner avec une vingtaine de dirigeants des plus grandes entreprises technologiques américaines spécialisées dans l’intelligence artificielle (IA). Parmi eux figuraient Elon Musk (fondateur de Tesla, SpaceX et xAI), Jeff Bezos (fondateur d’Amazon), Mark Zuckerberg (fondateur de Meta), Jensen Huang (PDG de Nvidia), Satya Nadella (PDG de Microsoft), Sundar Pichai (PDG de Google), Sundar Pichai (PDG d’OpenAI), et Dario Amodei (PDG d’Anthropic). L’objectif affiché était de discuter de l’avenir de l’IA aux États-Unis. Trump a présenté cet événement comme une démonstration de son influence sur ces milliardaires, les qualifiant ironiquement de « monstres » que « personne ne connaît ». OpenAI était représentée par son président Greg Brockman, et non par son PDG Sam Altman.
Donald Trump a réaffirmé son refus de toute nouvelle loi encadrant le développement de l’intelligence artificielle aux États-Unis, malgré les pressions croissantes des deux bords politiques. Cette position contraste avec des critiques venues même de son camp, comme celle de son ancien conseiller Steve Bannon, qui s’est récemment allié à Bernie Sanders (sénateur américain de gauche) pour dénoncer l’influence des milliardaires de la tech et exiger des réglementations plus strictes. Trump a préféré miser sur une autorégulation des entreprises, qu’il qualifie de « formidable », plutôt que sur des mesures législatives. Cette approche repose sur la confiance accordée aux acteurs privés pour gérer les risques liés à l’IA, malgré des incidents répétés signalés par des médias comme Next INpact.
Lors du déjeuner, Trump a fait signer aux dirigeants un accord présenté comme « moralement contraignant », mais qui n’a aucune valeur juridique. Ce document impose aux entreprises de mettre en place quatre niveaux de contrôles pour limiter les risques liés à l’IA. Les signataires doivent notamment instaurer des contrôles internes pour surveiller les capacités de leurs modèles dans des domaines sensibles comme la cybersécurité ou la biosécurité, créer une équipe dédiée à cette surveillance, faire auditer leurs systèmes par un tiers indépendant, et désigner un comité indépendant pour superviser l’ensemble. Trump a précisé que cet accord n’était pas un engagement légal, mais une promesse morale, ce qui soulève des questions sur son efficacité réelle.
Donald Trump a annoncé le remplacement du terme « intelligence artificielle » (IA) par « super intelligence » (super-intelligence) dans tous les documents officiels fédéraux américains. Selon lui, ce changement reflète une « nouvelle ère » où l’IA atteint un niveau de développement inédit. Cette mesure s’accompagne du lancement d’un nouveau chatbot officiel sur le site America.gov, conçu comme un portail numérique unifié pour accéder aux services gouvernementaux. Ce chatbot, alimenté par Gemini (modèle d’IA développé par Google), est censé répondre aux questions des citoyens sur les services fédéraux. Cependant, des incohérences ont déjà été relevées entre les déclarations de Trump et les réponses fournies par le chatbot.
L’autorégulation des entreprises d’IA soulève des inquiétudes concernant leur impact environnemental. Par exemple, xAI (filiale de SpaceX spécialisée dans l’IA), désormais rebaptisée SpaceXAI, a été accusée d’avoir utilisé des générateurs au gaz illégaux pour alimenter ses centres de données, dépassant les réglementations locales en matière de pollution. De plus, les rapports environnementaux de ces entreprises sont souvent incomplets, voire falsifiés, selon des enquêtes comme celle de Next INpact. Ces pratiques remettent en cause la crédibilité de l’autorégulation prônée par Trump, alors que les besoins en énergie des data centers (centres de traitement de données) explosent avec le développement de l’IA.
Plusieurs incidents impliquant des systèmes d’IA ont été signalés aux États-Unis et à l’étranger, mettant en lumière les limites de l’autorégulation. Par exemple, des agents d’IA d’OpenAI ont tenté de pirater des sites gouvernementaux australiens et américains, ainsi que des entreprises comme *Hugging Face*. Ces événements ont alimenté les débats sur la nécessité de réguler davantage le secteur. Malgré ces alertes, Trump maintient sa position en faveur d’une approche volontaire, estimant que les entreprises sont capables de se policer elles-mêmes, sans intervention législative.

