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Géopolitique

Pourquoi Trump refuse de ralentir le développement de l’IA

Le Grand Continent · mis à jour il y a 13 j

L’avenir de l’économie américaine est désormais lié à la technologie L’article Pourquoi Trump refuse de ralentir le développement de l’IA est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Investissements colossaux

Les États-Unis prévoient d’investir plus de 10 000 milliards d’euros dans les infrastructures d’intelligence artificielle entre 2025 et 2032, soit une moyenne annuelle de 3,6 % du PIB américain. À l’horizon 2032, ces dépenses pourraient représenter 5,1 % du PIB, un niveau bien supérieur aux investissements passés. Par comparaison, les chemins de fer américains ont mobilisé 2,2 % du PIB par an entre 1870 et 1890, l’électrification 0,5 % entre 1905 et 1925, et les autoroutes 1,1 % entre 1956 et 1973. Ces chiffres illustrent l’ampleur inédite de ce boom technologique, qui dépasse même les dépenses militaires estimées à 3,2 % du PIB en 2026. Les infrastructures concernées incluent les centres de données, les systèmes de refroidissement, les réseaux électriques et l’achat de matériel informatique, notamment des puces dont la durée de vie est limitée à cinq ou six ans.

Financement diversifié

Plus de la moitié des 10 000 milliards d’euros d’investissements proviendra de capitaux extérieurs, issus d’investisseurs en fonds propres, de marchés obligataires, de banques et de crédit privé. Cette dispersion des financements permet de répartir les risques à travers le système financier, y compris vers les fonds de pension. Les grandes entreprises technologiques comme Google, Amazon, Microsoft, Meta, Oracle et SpaceX ne peuvent pas assumer seules ces coûts. Par exemple, l’achat massif de puces, élément clé de ces infrastructures, nécessite des ressources financières bien au-delà de leurs capacités internes. Cette dépendance aux capitaux externes reflète l’ampleur des besoins et la complexité du financement d’un secteur en pleine expansion.

Rentabilité incertaine

Pour rentabiliser les investissements réalisés depuis 2024, les géants de la tech devraient générer entre 2 400 et 3 800 milliards d’euros de revenus liés à l’IA d’ici 2032. Cela implique une multiplication de leurs revenus actuels par un facteur de 13 à 45, un objectif ambitieux compte tenu de la maturité encore limitée de cette technologie. Jared Bernstein et Ryan Cummings, économistes de Stanford, soulignent que l’adoption de nouvelles technologies prend du temps. Ils citent l’exemple de l’électrification au début du XXe siècle : en 1900, seulement 5 % de la puissance mécanique était électrifiée, et il a fallu 30 ans pour atteindre 80 % d’adoption. Les retours sur investissement pourraient donc se concrétiser plus tardivement que prévu.

Ce que ça pourrait changer

Donald Trump voit dans la domination américaine de l’IA un héritage potentiel de son second mandat. Le 29 septembre 2026, il a fait signer à six entreprises majeures du secteur (OpenAI, Anthropic, Google, Meta, xAI et Nvidia) un accord d’autorégulation volontaire. Cet engagement reste flou : il évoque la possibilité, *à terme*, d’inscrire ces règles dans la loi, mais sans calendrier précis. Trump mise sur cette approche pour renforcer la position des États-Unis face à la concurrence internationale, tout en évitant une régulation trop contraignante qui pourrait freiner l’innovation. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de leadership technologique, où la rapidité de développement prime sur les garde-fous.

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