Un « saut dans le vide » pour François Bonnardel
François Bonnardel explique que sa décision de quitter le monde politique est « mûrie » et « réfléchie »..
François Bonnardel, député de Granby et ministre québécois de l’Immigration, a annoncé son retrait de la vie politique active pour les prochaines élections provinciales. Cette décision, prise après près de 20 ans de carrière politique, marque une rupture avec son engagement passé. Il explique avoir longuement réfléchi, évoquant des hésitations quotidiennes jusqu’à la dernière semaine de la session parlementaire. Bonnardel souligne le poids de la redevabilité, c’est-à-dire le sentiment d’obligation morale envers ses électeurs et ses engagements. Bien qu’il affirme toujours aimer la politique, il estime que le moment est venu de passer la main à une nouvelle génération. Il rappelle d’ailleurs une maxime qu’il avait lui-même prononcée en 2007 : « Il faut savoir quand arriver en politique, et il faut savoir quand partir. »
L’année 2025 a été particulièrement éprouvante pour François Bonnardel. Il a été associé à l’échec du projet SAAQclic, une plateforme numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) lancée alors qu’il était ministre des Transports. Ce projet, visant à moderniser les services en ligne, a connu des dysfonctionnements majeurs. Par ailleurs, il a été exclu du Conseil des ministres en septembre 2025, à la suite d’un remaniement gouvernemental orchestré par l’ex-premier ministre François Legault. Bonnardel a vécu cette exclusion comme une épreuve, bien qu’il précise que ces événements n’ont pas été déterminants dans sa décision de quitter la politique. Il évoque aussi une commission d’enquête liée à ces difficultés, sans en préciser la nature exacte.
François Bonnardel tire une grande fierté de plusieurs réalisations menées pendant ses presque 20 ans de carrière politique. Parmi elles figurent l’élargissement de la route 139, la construction de nouvelles écoles, la création d’une Maison des aînés, ainsi que l’annonce d’une unité mère-enfant et d’un Institut technologique au Cégep de Granby. Il rappelle avoir exercé divers rôles au sein du gouvernement, passant de whip (responsable de la discipline de vote au sein d’un parti) à leader parlementaire, en passant par ministre et porte-parole. Il souligne que son parcours a dépassé ses attentes initiales, puisqu’il prévoyait y consacrer 10 ans, mais en a finalement fait près de 20. Cette diversité de fonctions lui permet d’affirmer avoir « joué pas mal tous les rôles politiques ».
François Bonnardel ne ferme pas définitivement la porte à un retour dans l’environnement politique, mais précise que ce ne sera pas en tant qu’acteur actif. Il évoque la possibilité de rester proche de la politique sans occuper de fonction élective. Il utilise une métaphore forte pour décrire sa décision : « Je saute dans le vide pour la troisième fois de ma vie sans parachute. » Il a l’intention de soutenir activement le candidat ou la candidate de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans sa circonscription de Granby, en participant à la campagne sur le terrain. Bonnardel exprime sa confiance dans la capacité de la CAQ à se renouveler pour les prochaines élections, tout en soulignant que le contexte géopolitique mondial constituera l’un des défis majeurs pour le prochain gouvernement.
François Bonnardel a reçu la reconnaissance de la première ministre Christine Fréchette, qui l’a nommé leader parlementaire après son exclusion du Conseil des ministres. Il exprime sa gratitude envers cette nomination, tout en reconnaissant que cette année a été marquée par des émotions fortes et des difficultés. Il admet avoir traversé une période complexe, notamment en raison des critiques et des remises en question liées à ses actions passées. Malgré tout, il affirme avoir assumé pleinement les conséquences de ses décisions politiques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Son départ laisse un vide dans la vie politique québécoise, mais il laisse également la place à une nouvelle génération de dirigeants.

