Carney présentera le programme d’investissement canadien d’un sommet
Son gouvernement cherche à lever les capitaux indispensables à la mise en œuvre de son programme économique..
Le premier ministre canadien Mark Carney organise les 14 et 15 septembre à Toronto le premier Sommet de l’investissement au Canada. Cet événement rassemble des centaines de gestionnaires d’actifs internationaux, des ministres fédéraux et provinciaux ainsi que des chefs d’entreprise. L’objectif est de présenter des projets économiques dans trois secteurs clés : l’énergie, les infrastructures et les minéraux stratégiques. Le gouvernement cherche à attirer un trillion (un billion) de dollars d’investissements étrangers au cours des cinq prochaines années. Ce montant équivaut à 1 000 milliards de dollars, un chiffre ambitieux qui vise à redorer l’image du Canada comme destination sûre pour les capitaux.
Selon une enquête publiée par l’Institut sur les données du Conseil d’investissement du Régime de pensions du Canada (RPC), le pays se distingue par plusieurs atouts pour attirer les investisseurs. Il est perçu comme un lieu ouvert aux capitaux et engagé dans la transition énergétique, avec une politique stable et prévisible, classée deuxième au monde après Singapour. Près de 70 % des gestionnaires d’actifs interrogés considèrent la prévisibilité des politiques comme un critère extrêmement important ou essentiel dans leurs décisions. Le Canada est également reconnu pour ses ressources naturelles, notamment dans le secteur de l’énergie, bien que ce domaine comporte des risques comme des revirements politiques ou une fragmentation réglementaire.
Pour faciliter les investissements, le gouvernement de Mark Carney a mis en place des mesures comme le Bureau des grands projets et la Loi sur l’unité de l’économie canadienne. Ces outils visent à simplifier et accélérer les procédures d’autorisation pour les projets d’envergure nationale. Mahmood Nanji, de l’Ivey School of Business, souligne que ces efforts pourraient stimuler l’investissement des entreprises, un point faible du Canada ces dix dernières années. Cependant, des obstacles persistent, comme les barrières commerciales interprovinciales, qui compliquent la réalisation de projets transfrontaliers. Malgré ces défis, les experts estiment que le Canada a fait des progrès significatifs pour améliorer son attractivité.
Un sondage Angus Reid réalisé en juillet 2025 révèle un large soutien public pour des projets comme un nouvel oléoduc reliant l’Alberta à la Colombie-Britannique. Cependant, les grands projets peuvent susciter des controverses, notamment en raison des enjeux autochtones. Mahmood Nanji insiste sur la nécessité d’obtenir le soutien des communautés autochtones avant de promettre des investissements aux acteurs économiques. Les experts reconnaissent que les risques n’ont pas disparu, mais qu’ils sont moins importants qu’il y a dix ans. Le gouvernement devra donc concilier attractivité économique et acceptabilité sociale pour réussir son pari.
Les investissements directs étrangers au Canada ont atteint 96,8 milliards de dollars en 2025, un niveau inédit depuis 2007. Doug Porter, économiste en chef chez BMO, note que ces flux se concrétisent principalement sous forme de fusions et acquisitions, et non d’investissements dans de nouveaux projets. Ce contexte s’inscrit dans une période de guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, marquée par des tensions tarifaires sous l’administration du président Donald Trump. Malgré ces tensions, le Canada mise sur sa fiabilité comme fournisseur mondial pour attirer les capitaux, au-delà de sa relation avec les États-Unis.
Mark Carney a souligné lors d’une conférence de presse que le Canada se présente comme une alternative fiable aux États-Unis dans un contexte géopolitique incertain. Il a déclaré : *« Le Canada, c’est bien plus que sa proximité avec les États-Unis. Nous avons ce que le monde veut. »* Cette stratégie vise à rassurer les investisseurs inquiets des tensions commerciales ou de la dépendance économique envers les États-Unis. Le sommet de Toronto doit donc servir de vitrine pour démontrer que le Canada offre des opportunités d’investissement stables, notamment dans des secteurs porteurs comme l’énergie et les infrastructures.

