Carney présentera le programme d’investissement canadien d’un sommet
Le premier ministre Mark Carney s’apprête à présenter, lors d’un sommet international à Toronto, le programme d’investissement canadien visant à attirer des capitaux stratégiques pour relancer l’économie. Derrière cette initiative se cache une stratégie de repositionnement du Canada comme destination fiable face à un environnement géopolitique et réglementaire de plus en plus concurrentiel. L’enjeu dépasse la simple levée de fonds : il s’agit de corriger une image de risque persistante et de transformer les atouts structurels du pays en leviers d’attractivité durable.
Quel est l’objectif chiffré du programme d’investissement canadien et sur quels secteurs repose-t-il ?
Le gouvernement canadien vise à attirer un milliard de dollars d’investissements au cours des cinq prochaines années, en ciblant notamment les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des minéraux stratégiques. Ces domaines ont été sélectionnés pour leur potentiel de croissance et leur alignement avec les transitions énergétiques et technologiques mondiales.
Quels sont les principaux obstacles perçus par les investisseurs étrangers à l’égard du Canada, selon l’enquête du Régime de pensions du Canada ?
Les gestionnaires d’actifs interrogés citent surtout des risques liés aux revirements politiques, à la fragmentation réglementaire et aux contraintes de liquidité ou d’échelle, particulièrement dans le secteur énergétique. Malgré ces craintes, le Canada se distingue par sa stabilité politique et sa prévisibilité, des critères jugés essentiels par près de 70 % des investisseurs.
Comment le gouvernement canadien compte-t-il lever les freins réglementaires pour séduire les investisseurs ?
Ottawa mise sur des mesures comme la création du Bureau des grands projets et l’adoption de la Loi sur l’unité de l’économie canadienne, conçues pour rationaliser et accélérer les procédures d’autorisation des projets d’envergure nationale. Ces réformes visent à réduire les délais et les incertitudes, deux obstacles majeurs identifiés par les entreprises.
Dans quel contexte géopolitique ce sommet s’inscrit-il, et quel rôle joue la relation canado-américaine ?
Le sommet se déroule alors que les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient, avec des politiques tarifaires agressives de Washington qui menacent l’accès au marché américain. Mark Carney cherche à présenter le Canada comme une alternative fiable, notamment pour des projets destinés à des marchés hors Amérique du Nord, malgré les incertitudes liées à cette relation.
Ce que ça pourrait changer
Si le sommet parvient à mobiliser les capitaux attendus, le Canada pourrait non seulement relancer sa croissance économique, mais aussi renforcer son autonomie stratégique face aux aléas géopolitiques. À l’inverse, un échec à convaincre les investisseurs risquerait d’aggraver la perception d’un pays encore trop dépendant des dynamiques nord-américaines et de ses propres lourdeurs administratives. La réussite du projet dépendra aussi de la capacité du gouvernement à concilier les attentes des marchés avec les impératifs sociaux et environnementaux, notamment auprès des communautés autochtones.

