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Avant de partir vers Mars, le chef de la NASA veut transformer la Lune en terrain d'essai pour ses missions habitées

Science & Vie · mis à jour 6 juil.

La NASA vise une mission vers Mars de deux ans pour y poser les premiers astronautes. Son administrateur prépare ce voyage pas à pas et transforme la Lune en terrain d'essai.

NASA vise la Lune

Le directeur de la NASA, Bill Nelson, a annoncé en 2026 une stratégie visant à utiliser la Lune comme terrain d’essai pour préparer les futures missions habitées vers Mars. Cette approche s’inscrit dans le cadre du programme Artemis, qui vise à établir une présence humaine durable sur la Lune d’ici la fin de la décennie. L’objectif est de tester des technologies, des systèmes de survie et des protocoles de mission dans un environnement réel mais moins risqué que celui de Mars. La Lune, située à environ 384 400 kilomètres de la Terre, offre un terrain proche (3 jours de voyage) pour valider des innovations avant de les déployer sur des missions plus longues et plus complexes vers la planète rouge.

Pourquoi la Lune ?

La Lune présente plusieurs avantages pour préparer les missions martiennes. D’abord, sa proximité permet des missions plus courtes et moins coûteuses, réduisant les risques pour les astronautes. Ensuite, son environnement, bien que hostile, est moins extrême que celui de Mars : pas d’atmosphère dense, des températures moins variables et une gravité plus faible (1/6e de celle de la Terre), ce qui facilite les tests de systèmes de vie et de mobilité. Enfin, la Lune dispose de ressources exploitables, comme de la glace d’eau aux pôles, qui pourraient être transformées en eau potable, en oxygène ou en carburant pour les fusées. Ces ressources sont essentielles pour réduire la dépendance aux approvisionnements terrestres lors de missions lointaines.

Objectifs du programme Artemis

Le programme Artemis, lancé par la NASA en collaboration avec des partenaires internationaux et privés comme SpaceX, prévoit d’envoyer des astronautes sur la Lune dès 2026, avec un retour durable prévu pour 2030. Parmi ses principaux objectifs figurent l’établissement d’une base lunaire permanente, le développement de technologies de forage et d’extraction de ressources, et la validation de systèmes de support vie en boucle fermée (recyclage de l’air, de l’eau et des déchets). Ces technologies seront cruciales pour les missions martiennes, où l’autonomie sera vitale en raison de la distance (7 mois de voyage minimum). La NASA prévoit également d’y tester des habitats gonflables et des véhicules pressurisés pour explorer la surface lunaire.

Défis et enjeux

Malgré ses avantages, la Lune pose des défis majeurs. Son environnement est marqué par des températures extrêmes (de -173°C à 127°C), un rayonnement solaire et cosmique intense, et un sol abrasif (le régolithe) qui endommage les équipements. Les missions lunaires nécessitent donc des combinaisons spatiales et des habitats ultra-résistants. Par ailleurs, la gravité réduite affaiblit les muscles et les os des astronautes, posant des problèmes de santé à long terme. Enfin, la logistique des missions, comme le transport de matériaux ou la gestion des déchets, reste un défi technique et économique. La NASA collabore avec des entreprises comme SpaceX pour développer des solutions, comme le vaisseau Starship, capable de transporter des charges lourdes vers la Lune.

Mars, objectif final

Les missions lunaires ne sont qu’une étape vers Mars, dont les défis sont bien plus complexes. La planète rouge est située à environ 225 millions de kilomètres de la Terre, avec un voyage aller simple prenant entre 6 et 9 mois. Son atmosphère, composée à 95% de CO₂, est irrespirable, et ses températures moyennes sont de -63°C. Les astronautes y seront exposés à un rayonnement bien plus intense qu’au niveau de la Lune, en raison de l’absence de champ magnétique protecteur. Les ressources martiennes, comme la glace d’eau, devront être exploitées pour produire de l’oxygène et du carburant. Les tests lunaires permettront de valider des technologies comme les systèmes de production d’oxygène à partir du régolithe ou les habitats imprimés en 3D, avant de les déployer sur Mars.

Ce que ça pourrait changer

La NASA ne mène pas seule cette aventure lunaire. Le programme *Artemis* s’appuie sur des partenariats avec des agences spatiales comme l’*ESA* (Agence spatiale européenne), la JAXA (Japon), la CSA (Canada) et des entreprises privées comme SpaceX et Blue Origin. Ces collaborations permettent de partager les coûts, les technologies et les expertises. Par exemple, l’ESA développe le module *ESPRIT* pour la station *Lunar Gateway*, une station spatiale en orbite lunaire qui servira de relais pour les missions de surface. La JAXA contribue avec un rover pressurisé pour explorer la Lune, tandis que SpaceX travaille sur le vaisseau *Starship* pour le transport de fret et d’équipages. Cette coopération internationale est essentielle pour rendre les missions viables financièrement et technologiquement.

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