Aventurier de l’extrême : Samuel Lalande-Markon et le Grand nord québécois
Aventurier et écrivain, arpenteur des grands espaces du Québec sauvage, Samuel Lalande-Markon a effectué en février 2023 une traversée du sud au nord du Québec, en plein hiver. 3 000 kilomètres à vélo et à ski, pendant 90 jours, à la poursuite de l'hiver..
Samuel Lalande-Markon est un aventurier et écrivain québécois, spécialisé dans l'exploration des grands espaces sauvages du Québec. Son parcours se distingue par des expéditions extrêmes en milieu naturel, souvent en conditions hivernales difficiles. En février 2023, il a réalisé une traversée inédite du sud au nord du Québec, couvrant 3 000 kilomètres en 90 jours, principalement à vélo et à ski. Cette aventure s'inscrit dans une démarche de découverte et de compréhension des territoires peu explorés du Grand Nord québécois, où l'homme n'est pas au centre de l'écosystème. Lalande-Markon a également publié plusieurs ouvrages retraçant ses périples, dont Marche au pays réel: 3 000 kilomètres à travers le Québec sauvage (Arthaud, 2026) et La quête du retour: 31 jours à traverser le Québec de Montréal à Kuujjuaq, à vélo et en canot (Les heures bleues, 2021).
En février 2023, Samuel Lalande-Markon et son compagnon Simon-Pierre Goneau ont entamé une expédition de 3 000 kilomètres à travers le Québec, du sud vers le nord, en plein hiver. Le voyage a duré 90 jours, avec des températures descendant régulièrement sous les -30 degrés Celsius. Les deux aventuriers ont alterné entre le vélo, utilisé pour les portions moins hostiles, et le ski, nécessaire pour affronter les conditions les plus rudes. Cette traversée visait à explorer un territoire vaste et méconnu, où les communautés autochtones, comme les Cris et les Inuits, vivent depuis des générations. Le défi physique et mental était considérable, avec des journées marquées par la fatigue, le froid intense et la nécessité de s'adapter en permanence aux conditions changeantes.
Au cours de son périple, Samuel Lalande-Markon a rencontré des membres des communautés cries et inuites, habitantes traditionnelles du Grand Nord québécois. Ces échanges lui ont permis de découvrir une autre manière de percevoir et de nommer le territoire, bien différente de celle des sociétés industrialisées. Les récits des habitants ont mis en lumière des savoirs ancestraux sur la faune, la flore et les cycles naturels, ainsi que les défis posés par les changements climatiques. Les communautés autochtones ont notamment souligné l'instabilité croissante de la banquise, rendant les déplacements et la chasse plus dangereux. Ces rencontres ont aussi révélé une relation profonde entre ces peuples et leur environnement, où l'homme n'est qu'un élément parmi d'autres dans un écosystème fragile.
Le Grand Nord québécois abrite une faune riche et adaptée aux conditions extrêmes, comme les caribous, les bœufs musqués, les loups, les lagopèdes (oiseaux de la famille des gallinacés), les renards et les ours polaires. Au fil de son voyage, Samuel Lalande-Markon a observé une présence accrue de cette faune, signe d'un écosystème encore préservé malgré les pressions humaines et environnementales. Cependant, les habitants locaux ont témoigné des effets du réchauffement climatique sur leur territoire. La banquise, autrefois stable et prévisible, devient plus instable et difficile à interpréter, ce qui perturbe les modes de vie traditionnels, notamment la chasse et les déplacements. Ces changements illustrent l'impact global du changement climatique, même dans des régions aussi reculées que le Grand Nord québécois.
Cette expédition de trois mois a offert à Samuel Lalande-Markon une expérience radicalement différente de la vie quotidienne moderne. Le voyage, marqué par la lenteur, le froid et l'effort physique constant, a permis une immersion totale dans un environnement hostile. L'aventurier a décrit une confrontation avec lui-même, une remise en question de ses priorités et une réflexion sur la place du réel dans sa vie. Le temps s'est dilaté, rythmé par les cycles naturels plutôt que par les contraintes de la société contemporaine. Cette lenteur forcée a aussi révélé une forme d'ennui, inhérente à l'isolement et à la répétition des jours dans un paysage uniforme. Pourtant, cette expérience a aussi été une source d'inspiration, donnant naissance à son livre Marche au pays réel.
Le récit de Samuel Lalande-Markon s'inscrit dans une démarche à la fois personnelle et environnementale. Son voyage met en lumière la vulnérabilité du Grand Nord québécois face au changement climatique, un phénomène qui dépasse les frontières locales pour toucher l'ensemble de la planète. En partageant ses observations sur la faune, la flore et les témoignages des communautés autochtones, il contribue à sensibiliser le public aux enjeux écologiques de cette région. Son livre et le documentaire *Marche au pays réel* (Vital Productions, 2025), réalisé par Marie-France L'Ecuyer, offrent une vision immersive et documentée de cette aventure, tout en soulignant l'urgence de protéger ces territoires uniques. Ces œuvres s'ajoutent à ses précédents écrits, renforçant son rôle de témoin et de passeur de savoirs sur les grands espaces naturels.

