Retour du Donbass / Groenland - Union européenne : briser la glace ?
Comme chaque vendredi, une émission d'actualité en deux parties : Retour de terrain avec Clara Marchaud qui revient du Donbass en Ukraine, puis table-ronde sur le Groenland : que peut-il attendre de l'Union européenne ?.
L'émission Cultures Monde diffusée le 4 septembre 2026 sur France Culture propose un double sujet : un retour d'expérience sur la situation dans le Donbass, en Ukraine, et une analyse des relations entre l'Union européenne (UE) et le Groenland. L'émission est présentée par Mélanie Chalandon, avec la participation de Clara Marchaud, journaliste spécialiste de l'Ukraine, Marine Duc, géographe et maîtresse de conférences, et Émilie Canova, chercheuse en géopolitique de l'Arctique. Le format alterne entre un reportage de terrain et une table ronde d'experts pour éclairer ces deux enjeux géopolitiques distincts mais liés par des dynamiques de pouvoir et d'influence en Europe.
Clara Marchaud, journaliste correspondante en Ukraine pour Le Figaro, L'Express et Mediapart, revient d'un reportage à Kramatorsk, une ville du Donbass devenue zone de combat intense en mars 2026. Le Donbass, région ukrainienne riche en ressources minières et historiquement disputée entre l'Ukraine et la Russie, est au cœur du conflit depuis 2014. Kramatorsk, située dans la partie ukrainienne du Donbass, symbolise les combats récents et les destructions massives causées par les frappes aériennes russes. Cette ville, autrefois un pôle industriel, illustre la stratégie russe de pression militaire sur l'Ukraine pour affaiblir sa résistance. Les combats y ont provoqué des déplacements massifs de population et des dégâts matériels considérables, avec des bâtiments détruits et une infrastructure locale en ruine.
La seconde partie de l'émission est consacrée au Groenland, territoire autonome danois situé dans l'Arctique, et à ses relations avec l'Union européenne. Le Groenland, qui a quitté la Communauté économique européenne (CEE) en 1985, cherche aujourd'hui à redéfinir son partenariat avec Bruxelles. En mars 2024, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Múte B. Egede, Premier ministre groenlandais, ont annoncé l'ouverture d'un bureau de l'UE à Nuuk, la capitale groenlandaise. Cette initiative marque une volonté de renforcer les liens économiques, climatiques et géopolitiques entre les deux entités. Le Groenland, riche en ressources naturelles comme les terres rares et les minerais stratégiques, intéresse l'UE pour ses potentialités énergétiques et minières, dans un contexte de transition verte et de sécurisation des approvisionnements.
Les deux sujets abordés dans l'émission soulèvent des enjeux géopolitiques et économiques majeurs. Dans le Donbass, le conflit oppose directement l'Ukraine, soutenue par les pays occidentaux, à la Russie, qui cherche à étendre son influence. La guerre, qui dure depuis plus de dix ans, a des répercussions humanitaires, économiques et stratégiques en Europe. Pour le Groenland, l'ouverture d'un bureau de l'UE à Nuuk s'inscrit dans une logique d'influence dans l'Arctique, une région devenue un enjeu central pour les grandes puissances en raison de la fonte des glaces et de l'accès à de nouvelles routes maritimes. L'UE y voit une opportunité de sécuriser des ressources critiques tout en renforçant sa présence face à la Chine et à la Russie, qui étendent également leur emprise dans la région.
Marine Duc, géographe spécialisée dans les dynamiques territoriales et les rapports de pouvoir, et Émilie Canova, chercheuse en géopolitique de l'Arctique, apportent leur éclairage sur les deux sujets. Marine Duc, rattachée à l'Université de Reims et aux laboratoires *Habiter* et *Analyse des Pouvoirs*, analyse les stratégies d'occupation et de reconstruction dans les zones de conflit comme le Donbass. Émilie Canova, membre de l'Observatoire de l'Arctique et chercheuse associée à l'Université de Cambridge, étudie les implications des partenariats internationaux pour le Groenland, notamment dans le domaine des ressources naturelles et de la souveraineté. Leur expertise permet de comprendre les logiques sous-jacentes à ces deux crises, l'une militaire et l'autre diplomatique.

