NapseflowNapseflow
Philosophie

À mon corps défaillant

AOC Media · mis à jour il y a 5 j

Tout commence par une opération chirurgicale, et même plusieurs. À la suite desquelles Jonathan Sterne, auteur notamment d’une Histoire de la modernité sonore et théoricien des sound studies, subit la paralysie d’une corde vocale.

Origine de l'essai

L’essai À mon corps défaillant est né de l’expérience personnelle de Jonathan Sterne, historien et philosophe des médias. Après plusieurs opérations chirurgicales, il a subi une paralysie partielle de sa corde vocale, ce qui a déclenché une réflexion sur la déficience physique et ses implications. Sterne, connu pour ses travaux sur l’histoire de la modernité sonore et les sound studies (études sur le son), explore dans cet essai les conséquences de ces défaillances sur son corps et sa perception du monde. L’ouvrage, à paraître aux Éditions de la Philharmonie, mêle différents genres littéraires et tons pour aborder ce sujet complexe.

Définition de la déficience

Jonathan Sterne propose une définition nuancée de la déficience, qu’il ne réduit pas à un simple dysfonctionnement ou à un défaut. Pour lui, une déficience est une limite particulière qui perturbe l’intention ou l’action, mais qui peut aussi devenir une source de transformation ou de création. Elle n’est ni bonne ni mauvaise en soi, mais dépend de son contexte : une norme sociale, une capacité imaginaire ou réelle, ou encore un souvenir. Par exemple, une paralysie vocale peut être perçue comme un obstacle, mais elle peut aussi ouvrir de nouvelles perspectives artistiques ou intellectuelles. Sterne souligne que la déficience est toujours relationnelle, c’est-à-dire qu’elle n’existe que par rapport à une capacité ou une attente extérieure.

La déficience comme détour

L’auteur compare la déficience à un détour : elle peut mener vers des lieux inattendus, parfois douloureux, parfois enrichissants. Ce détour n’est pas neutre : il dépend des normes sociales, des souvenirs personnels ou des affects (émotions) associés à cette expérience. Par exemple, une personne en situation de handicap peut développer des stratégies pour contourner les obstacles, ce qui peut renforcer sa résilience ou sa créativité. Sterne insiste sur le fait que les effets politiques et affectifs de la déficience ne sont jamais garantis : ils dépendent de facteurs externes comme les lois, les infrastructures ou les attitudes collectives. Il cite notamment les lois Jim Crow (1860-1970), qui interdisaient l’accès à l’espace public aux personnes en situation de handicap aux États-Unis, illustrant comment les normes sociales peuvent aggraver la déficience.

Théorie de la déficience

Sterne développe une théorie de la déficience qu’il présente comme un outil pour comprendre les limites du corps et de la société. Cette théorie s’inspire de travaux en cultural studies (études culturelles), notamment ceux de Stuart Hall, qui analyse comment les normes sociales façonnent les identités et les expériences. Sterne utilise le concept d’articulation (emprunté à Hall) pour montrer comment la déficience est liée à des contextes historiques, politiques et culturels. Par exemple, une déficience peut être vécue différemment selon qu’elle est stigmatisée ou valorisée dans une société donnée. L’auteur souligne aussi l’importance des médias dans la perception de la déficience, citant des travaux comme ceux d’Elizabeth Ellcessor sur l’accès restreint aux technologies pour les personnes en situation de handicap.

Approche phénoménologique

L’essai adopte une approche phénoménologique, c’est-à-dire qu’il s’intéresse à l’expérience vécue de la déficience. Sterne ne se contente pas d’analyser la déficience de manière abstraite : il décrit comment elle modifie sa perception du monde, de sa voix, de son audition et de sa fatigue. Cette approche met en lumière le caractère subjectif de la déficience, qui varie selon les individus et les contextes. Sterne utilise des exemples concrets, comme ses difficultés à parler ou à entendre, pour illustrer comment une déficience peut transformer une personne, parfois de manière inattendue. Il évoque aussi la fatigue comme une forme de déficience, montrant comment le corps peut devenir un obstacle à l’action ou à la pensée.

Enjeux politiques et sociaux

Sterne aborde la déficience comme un enjeu à la fois individuel et collectif. D’un côté, il décrit comment une déficience peut isoler une personne ou limiter ses possibilités. De l’autre, il montre comment les normes sociales et les infrastructures peuvent aggraver ou atténuer ces limites. Par exemple, l’absence d’aménagements accessibles dans les lieux publics peut transformer une déficience en handicap social. L’auteur cite des travaux en géographie, comme ceux de John Wylie, pour illustrer comment l’espace physique peut être conçu pour exclure ou inclure les personnes en situation de handicap. Sterne souligne aussi l’importance des technologies dans l’expérience de la déficience, qu’elles soient des prothèses, des outils numériques ou des infrastructures.

Ce que ça pourrait changer

L’essai se distingue par son *style hybride*, mêlant réflexion théorique, récit personnel et fragments littéraires. Sterne utilise des jeux de mots, des références culturelles et des digressions pour rendre son propos accessible tout en le rendant stimulant. Par exemple, il joue avec la notion de *multitudes* (en référence à Walt Whitman) pour souligner la complexité de la déficience, qui ne peut être réduite à une seule expérience. L’ouvrage est structuré en parties thématiques, mais chaque section peut être lue indépendamment, ce qui permet une approche flexible. Sterne inclut aussi des notes de bas de page pour préciser ses sources ou ajouter des nuances, tout en gardant un ton parfois humoristique ou ironique.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.