Derrière les portes de la loi : enquête sur les nouvelles formes de violence en prison
Le podcast *Derrière les portes de la loi* diffusé sur France Culture le 7 septembre 2026 explore les nouvelles formes de violence en prison à travers une enquête sociologique. Corentin Durand, doctorant en sociologie à l’EHESS et chargé de recherche au CNRS au Clersé, y présente ses travaux publiés sous le titre *Derrière les portes de la loi - Pouvoir, droit et violence en prison*. Cette enquête s’appuie sur des observations et des analyses menées dans le milieu carcéral français, notamment dans la « Maison d’arrêt » des Hauts-de-Seine à Nanterre, photographiée en janvier 2026. L’objectif est de comprendre comment les dynamiques de pouvoir et les règles juridiques influencent les violences au sein des prisons, un sujet souvent méconnu du grand public. La recherche s’inscrit dans une démarche de vulgarisation scientifique pour rendre accessible des concepts complexes liés à la sociologie des institutions et à la criminologie.
Le podcast Derrière les portes de la loi diffusé sur France Culture le 7 septembre 2026 explore les nouvelles formes de violence en prison à travers une enquête sociologique. Corentin Durand, doctorant en sociologie à l’EHESS et chargé de recherche au CNRS au Clersé, y présente ses travaux publiés sous le titre Derrière les portes de la loi - Pouvoir, droit et violence en prison. Cette enquête s’appuie sur des observations et des analyses menées dans le milieu carcéral français, notamment dans la « Maison d’arrêt » des Hauts-de-Seine à Nanterre, photographiée en janvier 2026. L’objectif est de comprendre comment les dynamiques de pouvoir et les règles juridiques influencent les violences au sein des prisons, un sujet souvent méconnu du grand public. La recherche s’inscrit dans une démarche de vulgarisation scientifique pour rendre accessible des concepts complexes liés à la sociologie des institutions et à la criminologie.
Corentin Durand met en lumière des formes de violence moins visibles que les agressions physiques, comme les violences psychologiques, les humiliations ou les rapports de domination entre détenus et surveillants. Ces violences, souvent normalisées, peuvent prendre la forme de pressions hiérarchiques, de restrictions arbitraires ou de sanctions disproportionnées. L’enquête révèle que ces pratiques, bien que légales en apparence, s’inscrivent dans un système où le droit est parfois détourné pour servir des intérêts de contrôle plutôt que de justice. Par exemple, des détenus peuvent être privés de droits fondamentaux sous prétexte de sécurité, illustrant une tension entre l’application de la loi et son interprétation par les institutions carcérales. Ces mécanismes contribuent à une forme de violence institutionnelle, où la loi devient un outil de pouvoir plutôt qu’un rempart contre l’arbitraire.
L’analyse de Corentin Durand s’appuie sur le concept de pouvoir disciplinaire, théorisé par Michel Foucault, pour expliquer comment les prisons fonctionnent comme des institutions de contrôle social. Le droit, dans ce contexte, n’est pas seulement un ensemble de règles, mais un instrument de légitimation des pratiques violentes. Par exemple, les fouilles systématiques, les placements en cellule d’isolement ou les restrictions de visite sont souvent justifiés par des textes de loi, mais leur application peut cacher des abus. L’enquête souligne que ces pratiques, bien que conformes à la réglementation, renforcent un climat de tension et d’injustice parmi les détenus. Le chercheur montre ainsi que la violence en prison ne se limite pas aux conflits entre individus, mais est aussi le résultat d’un système où le pouvoir s’exerce de manière invisible et normalisée.
Les violences institutionnelles décrites par Corentin Durand ont des conséquences profondes sur la santé mentale et physique des détenus. Les témoignages recueillis révèlent des cas de dépression, de troubles anxieux ou de tentatives de suicide liés à ces conditions. Par ailleurs, ces pratiques alimentent un cercle vicieux de récidive, où les détenus, sortis de prison avec des séquelles psychologiques, ont plus de difficultés à se réinsérer. L’enquête souligne aussi que ces violences renforcent les inégalités sociales, car les détenus issus de milieux défavorisés ou marginalisés sont plus souvent exposés à ces abus. Enfin, le podcast interroge l’efficacité d’un système carcéral qui, au lieu de favoriser la réinsertion, perpétue des dynamiques de violence, posant la question de sa légitimité et de sa réforme.
Corentin Durand plaide pour une approche plus transparente et humaine des institutions carcérales, en s’appuyant sur les résultats de ses recherches. Il propose notamment de renforcer les mécanismes de contrôle indépendant pour limiter les abus de pouvoir, ainsi que de former les surveillants à une gestion plus respectueuse des droits des détenus. Le chercheur suggère aussi d’intégrer davantage de données sociologiques dans les politiques pénitentiaires, afin de mieux comprendre les causes des violences et d’y répondre de manière adaptée. Son travail s’inscrit dans un mouvement plus large de réflexion sur la justice et la réinsertion, où la prison ne serait plus seulement un lieu de punition, mais aussi un espace de reconstruction. Cette enquête ouvre ainsi le débat sur la nécessité de repenser le système carcéral pour en faire un outil de réhabilitation plutôt que de domination.

