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Rejoints par Greta Thunberg et des avocats, les lycéens toujours mobilisés en France

Le Devoir · mis à jour il y a 2 j

Devant une école, une vingtaine d’avocats en robe noire sont venus organiser une «chaîne» pour «protéger les lycéens»..

Nouvelle mobilisation lycéenne

Mardi 13 octobre 2026, des lycéens et étudiants français ont repris les blocages devant leurs établissements, malgré l'approche des vacances scolaires. Cette mobilisation, qui dure depuis le 17 septembre 2026, soit six mois avant l'élection présidentielle, s'est étendue à environ 200 lycées fermés dans tout le pays. Les manifestants dénoncent notamment la plateforme d'orientation Parcoursup, jugée trop stressante, ainsi que le manque de moyens dans les lycées : bâtiments délabrés, professeurs non remplacés et emplois du temps surchargés. Le gouvernement, qui note une légère baisse de la mobilisation par rapport aux semaines précédentes, espère un ralentissement du mouvement avant les vacances.

Soutien de figures majeures

La militante écologiste suédoise Greta Thunberg, âgée de 23 ans, s'est jointe aux manifestants devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, au nord de Paris. Elle a été accompagnée par une vingtaine d'avocats en robe noire, qui ont formé une «chaîne» symbolique pour «protéger les lycéens». Cette présence vise à alerter sur les violences et les comportements des forces de l'ordre envers des manifestants mineurs, dénoncés par les organisations lycéennes. À Paris, la manifestation prévue à 14h (12h GMT) doit se terminer sur l’esplanade des Invalides, près des bureaux du Premier ministre Sébastien Lecornu et du ministère de l’Éducation.

Revendications précises

Les lycéens réclament deux mesures principales : la suppression de la plateforme Parcoursup, critiquée pour son manque de transparence et son impact sur l'orientation des élèves, et un plan d’investissement de 10 milliards d’euros pour rénover les lycées et améliorer leurs conditions. Ces demandes sont portées par l’Union syndicale des lycéens, qui exige également d’être reçue par le Premier ministre. Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon soutient publiquement cette mobilisation. Le gouvernement a répondu en annonçant le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants et des amendements au projet de budget 2027, mais ces mesures ne convainquent pas les lycéens.

Réactions gouvernementales

Le gouvernement français, représenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, reconnaît une «décrue» du mouvement par rapport aux semaines précédentes. Selon les chiffres officiels, 96,5 % des établissements étaient ouverts lundi 12 octobre, contre 130 fermés, contre 172 la veille. Le gouvernement mise sur les vacances scolaires pour apaiser les tensions, mais les lycéens assurent qu’ils ne lâcheront pas sans réponses concrètes. Le président Emmanuel Macron a appelé à des manifestations «dans le calme, dans l’ordre et dans le respect des personnes et des biens», tout en renforçant le dispositif policier, comme à Bayonne où une dizaine de fourgons de CRS encadraient un lycée dès 8h.

Ce que ça pourrait changer

Organiser des blocages quotidiens dès 5h du matin est un défi pour les lycéens, qui doivent gérer des roulements pour éviter l’essoufflement du mouvement. À Rennes, des élèves comme *Lily* et *Albane* soulignent la difficulté de maintenir la mobilisation sur la durée, malgré un appel à manifester le 17 octobre contre la «vie chère». Les forces de l’ordre, déployées en nombre, sont perçues par certains manifestants comme une forme d’intimidation. Par exemple, à Montpellier, *Enki Falqui*, 16 ans, affirme que son établissement est toujours bloqué mardi. Les tensions persistent depuis mi-septembre, avec des incidents graves comme un mineur ayant perdu un œil et un autre une main arrachée lors d’affrontements.

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