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Généraliste

Coupe de la queue chez le chien : le grand oubli de la nouvelle loi ontarienne?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

À compter du 1er janvier, le dégriffage, la coupe des oreilles et la dévocalisation seront interdits..

Nouvelle loi ontarienne

À partir du 1er janvier 2027, l’Ontario interdira plusieurs interventions jugées non essentielles sur les animaux de compagnie. Parmi ces pratiques figurent le dégriffage des chats, la coupe des oreilles des chiens et la dévocalisation (ablation des cordes vocales). Ces mesures s’inscrivent dans une volonté de mieux protéger le bien-être animal. Cependant, une exception notable subsiste : la caudectomie, c’est-à-dire l’ablation partielle ou totale de la queue chez le chiot, reste autorisée. Cette décision place l’Ontario en décalage avec les autres provinces canadiennes, qui ont toutes interdit cette pratique. Le gouvernement provincial justifie cette exclusion par des consultations menées auprès d’éleveurs, de vétérinaires et de refuges, mais n’a pas fourni d’explications détaillées à ce sujet.

Arguments contre la caudectomie

La caudectomie soulève des critiques majeures de la part des vétérinaires et des défenseurs des animaux. La Dre Janice Honda, présidente de l’Ontario Veterinary Medical Association (OVMA), souligne que cette intervention prive les chiens d’un organe essentiel à leur communication et à leur locomotion. Elle peut également causer des douleurs immédiates et chroniques. L’OVMA et l’organisme Animal Justice ont demandé son interdiction lors d’une consultation publique en 2026, sans succès. Une étude britannique de 2010 estime qu’il faudrait couper la queue de 500 chiens pour prévenir une seule blessure, tandis qu’une étude écossaise de 2014 évalue ce ratio à 320 chiots épagneuls. Ces données remettent en cause l’argument selon lequel la caudectomie servirait principalement à éviter des blessures.

Défense de la pratique

Isolde Ryan, éleveuse de dobermans depuis 40 ans, défend la caudectomie en affirmant n’avoir jamais observé de souffrances chez les chiens concernés lorsque l’intervention est réalisée par un vétérinaire. Elle soutient que cette pratique, historiquement utilisée pour prévenir les blessures, est moins douloureuse que l’amputation d’une queue blessée plus tard dans la vie du chien. Le Club canin canadien a mené un sondage en 2024 auprès de ses membres : 69 % des répondants considéraient la prévention des blessures comme le principal argument en faveur de la caudectomie. Cette position reflète une divergence de vues entre les éleveurs, qui privilégient la tradition et la prévention, et les défenseurs du bien-être animal, qui y voient une mutilation inutile.

Risques et conséquences

Les opposants à la caudectomie craignent que son maintien ne pousse certains acheteurs vers des sources moins scrupuleuses, comme des usines à chiots ou des vendeurs clandestins. Isolde Ryan évoque déjà une augmentation de la demande pour des dobermans aux oreilles et à la queue coupées avant l’entrée en vigueur de l’interdiction. Alexandra Yaksich, responsable des affaires législatives pour Animal Justice, qualifie cette situation de décevante et souligne que les chiens ne doivent pas être considérés comme des objets à modeler selon les goûts humains. Le ministère du Solliciteur général de l’Ontario a indiqué que la caudectomie pourrait être réexaminée dans une future proposition de politique, sans préciser de calendrier.

Ce que ça pourrait changer

Les organisations *Animal Justice* et l’*Ontario Veterinary Medical Association* (OVMA) ont exprimé leur déception face à l’exclusion de la *caudectomie* de la nouvelle loi ontarienne. Elles continuent de faire pression sur le gouvernement pour obtenir son interdiction. Alexandra Yaksich, de *Animal Justice*, a ironisé en déclarant que si l’on coupait une patte pour éviter qu’elle ne se casse, cela n’aurait aucun sens. Le ministère du Solliciteur général n’a pas fourni de raison précise pour justifier cette exclusion, mais a laissé la porte ouverte à une révision future. Les défenseurs des animaux espèrent que cette pratique sera bientôt alignée sur les autres provinces canadiennes.

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