Oubliez les panneaux solaires: il existe une nouvelle manière de convertir la lumière en énergie
Un matériau cristallin et poreux permettrait de capter l'énergie lumineuse et de déplacer les électrons là où ils sont nécessaires. Il ouvre ainsi la voie à une nouvelle manière de produire de l'hydrogène vert moins coûteux et plus efficient..
Des chercheurs de l'université d'État de l'Oregon (États-Unis) ont mis au point un matériau cristallin et poreux nommé BVR-19, capable de convertir directement l'énergie solaire en hydrogène vert. Contrairement aux panneaux solaires classiques qui produisent de l'électricité, ce matériau utilise la lumière du soleil pour déclencher une réaction chimique produisant de l'hydrogène à partir de l'eau. Cette approche évite l'utilisation de catalyseurs métalliques coûteux et de technologies complexes, reposant plutôt sur des éléments organiques contenant du soufre. Le BVR-19 est synthétisé dans des solutions aqueuses à température ambiante, ce qui réduit les coûts énergétiques de sa production. Les résultats ont été publiés fin septembre 2026 dans le Journal American Chemical Society.
Le BVR-19 appartient à une famille de matériaux appelés réseaux métallo-organiques (RMO), des structures cristallines combinant des atomes métalliques et des molécules organiques. Ce matériau possède une liaison sulfure-sulfure qui se rompt temporairement sous l'effet de la lumière, générant des espèces réactives du soufre. Ces espèces permettent de capter l'énergie lumineuse et de déplacer les électrons vers les zones où ils sont nécessaires pour produire de l'hydrogène. Contrairement aux photocatalyseurs classiques qui dépendent souvent des atomes métalliques, le BVR-19 utilise principalement ses composants organiques pour cette conversion. Cette méthode est décrite comme plus efficace et moins coûteuse que les techniques traditionnelles.
La production d'hydrogène vert à partir de ce matériau offre plusieurs avantages par rapport aux méthodes actuelles. Contrairement au reformage du méthane, une technique dominante qui extrait l'hydrogène du gaz naturel en émettant du dioxyde de carbone (CO₂), cette nouvelle méthode utilise uniquement l'énergie solaire et l'eau, sans émission directe de gaz à effet de serre. L'hydrogène produit pourrait alimenter des piles à combustible automobiles ou servir dans des procédés industriels, contribuant ainsi à la décarbonation de secteurs encore dépendants des combustibles fossiles. Les chercheurs estiment que leur approche pourrait réduire le coût de l'hydrogène vert, bien que cette innovation doive encore être testée à grande échelle pour valider sa viabilité économique.
Bien que cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour une production d'hydrogène plus durable, plusieurs défis restent à relever. Les chercheurs soulignent que cette technologie vient tout juste de sortir des laboratoires et qu'il faudra évaluer si ses performances peuvent être maintenues à plus grande échelle. De plus, son coût devra être suffisamment compétitif pour rivaliser avec les méthodes existantes, comme le reformage du méthane. Kyriakos Stylianou, professeur de chimie à l'université d'État de l'Oregon, précise que cette innovation fournit un modèle pour concevoir de meilleurs matériaux, mais que des travaux supplémentaires seront nécessaires avant une éventuelle commercialisation. Aucune date n'est encore annoncée pour une mise sur le marché.

