NapseflowNapseflow
Géopolitique

Le Cap-Vert, cet archipel africain au destin exceptionnel

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

UNE SEMAINE AU CAP-VERT 1/5 - Cet été, le joli parcours de son équipe nationale à la Coupe du monde de football a ravivé la curiosité pour le Cap-Vert. Depuis son indépendance, en 1975, sans pétrole ni diamants, l’archipel réussit à allier croissance économique et démocratie.

Un archipel sans ressources

Le Cap-Vert est un archipel africain composé de dix îles volcaniques, situé à environ 500 kilomètres des côtes du Sénégal. Contrairement à d’autres pays africains, il ne dispose ni de pétrole ni de diamants, ressources naturelles souvent associées à une croissance économique rapide. Pourtant, depuis son indépendance en 1975, ce pays a réussi à concilier développement économique et stabilité démocratique. Cette réussite est d’autant plus remarquable que les experts internationaux, comme ceux du Programme alimentaire mondial (PAM), avaient jugé en 1975 que le Cap-Vert n’était pas viable économiquement. Le PAM avait produit un rapport soulignant l’absence de ressources naturelles et les défis climatiques, comme la sécheresse récurrente, qui rendent l’agriculture difficile. Malgré ces constats pessimistes, les dirigeants cap-verdiens ont refusé de considérer ces limites comme une fatalité et ont choisi de miser sur d’autres atouts, comme sa position stratégique en plein océan Atlantique et son capital humain.

L’obstination politique

En 1975, le Premier ministre cap-verdien Pedro Pires, qui a dirigé le pays jusqu’en 1991, a joué un rôle clé dans la transformation du Cap-Vert. Face à un rapport accablant du PAM le déclarant non viable, il aurait répondu avec détermination : « L’indépendance, nous l’avons déjà prise. Ce pays doit être viable… Parce que nous avons déjà décidé que nous l’étions. » Cette phrase illustre l’état d’esprit qui a guidé les dirigeants cap-verdiens : transformer une faiblesse apparente en force. Le rapport a finalement été archivé, et le gouvernement a mis en place des politiques visant à diversifier l’économie, à améliorer l’éducation et à renforcer les infrastructures. Cette obstination politique a permis au Cap-Vert de devenir un exemple de résilience en Afrique, malgré des conditions naturelles difficiles.

Croissance et démocratie

Depuis son indépendance, le Cap-Vert a enregistré une croissance économique régulière, avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant multiplié par plus de cinq entre 1975 et 2026. Le pays a également maintenu un système démocratique stable, avec des élections libres et transparentes, ce qui est rare sur le continent africain. Cette combinaison de croissance et de démocratie a attiré l’attention des observateurs internationaux. Par exemple, le pays a été classé parmi les plus démocratiques d’Afrique par des indices comme celui de The Economist Intelligence Unit. Cette réussite s’explique en partie par des réformes structurelles, comme la libéralisation de l’économie dans les années 1990, et par des investissements dans les secteurs du tourisme, des services financiers et des énergies renouvelables. Le Cap-Vert mise notamment sur l’énergie éolienne et solaire pour réduire sa dépendance aux importations d’énergie.

Culture et rayonnement

Le Cap-Vert est également connu pour sa richesse culturelle, qui contribue à son attractivité. La musique, en particulier, joue un rôle central dans l’identité nationale. Des artistes comme Elida Almeida, avec son album Di Lonji, ont popularisé des rythmes traditionnels comme la morna ou le funaná à l’international. Cette culture musicale, souvent associée à la diaspora cap-verdienne, a renforcé l’image du pays à l’étranger. Par ailleurs, la performance de l’équipe nationale de football lors de la Coupe du monde 2026 a suscité un engouement mondial pour le Cap-Vert, notamment en Irlande où la diaspora cap-verdienne est importante. Ces éléments montrent comment le pays utilise sa culture comme un levier de soft power, c’est-à-dire une influence internationale non coercitive.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ses succès, le Cap-Vert fait face à des défis majeurs. Le pays reste vulnérable aux chocs externes, comme la hausse des prix de l’énergie ou les crises économiques mondiales. Par exemple, la pandémie de COVID-19 a fortement impacté son secteur touristique, qui représente environ 25 % de son PIB. De plus, les effets du changement climatique, comme l’élévation du niveau de la mer ou l’intensification des sécheresses, menacent les ressources en eau et les infrastructures côtières. Enfin, la dépendance aux importations de denrées alimentaires, en raison de la rareté des terres arables, expose le pays à des risques de pénurie. Ces défis rappellent que la viabilité du Cap-Vert, bien qu’exceptionnelle, n’est pas encore totalement assurée.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.