Et si demain, on avait tous le même visage ?
Depuis 2021, le nombre d’interventions de chirurgie esthétique dans le monde a augmenté de 25%, avec une hausse particulièrement marquée pour certaines procédures comme la chirurgie des paupières (*blépharoplastie*), dont le nombre a progressé de 70%. Cette tendance touche désormais davantage les jeunes adultes, âgés de 18 à 35 ans, que les personnes de plus de 50 ans. Les interventions les plus courantes incluent le repulpage des lèvres, le lissage de la peau et le rehaussement des pommettes. Selon le docteur Alexandre Marchac, chirurgien esthétique à Paris, cette démocratisation s’explique par la disparition progressive des tabous autour de la transformation du visage, notamment chez les jeunes générations qui considèrent désormais ces pratiques comme un acte de soin courant, comparable à une visite chez le dentiste.
Depuis 2021, le nombre d’interventions de chirurgie esthétique dans le monde a augmenté de 25%, avec une hausse particulièrement marquée pour certaines procédures comme la chirurgie des paupières (blépharoplastie), dont le nombre a progressé de 70%. Cette tendance touche désormais davantage les jeunes adultes, âgés de 18 à 35 ans, que les personnes de plus de 50 ans. Les interventions les plus courantes incluent le repulpage des lèvres, le lissage de la peau et le rehaussement des pommettes. Selon le docteur Alexandre Marchac, chirurgien esthétique à Paris, cette démocratisation s’explique par la disparition progressive des tabous autour de la transformation du visage, notamment chez les jeunes générations qui considèrent désormais ces pratiques comme un acte de soin courant, comparable à une visite chez le dentiste.
L’article imagine un scénario où la chirurgie esthétique deviendrait si répandue qu’elle uniformiserait les traits du visage à l’échelle mondiale. En 2040, il serait possible que chaque individu partage le même visage que son voisin, sans distinction génétique ou familiale. Cette uniformisation serait rendue possible par l’évolution des techniques chirurgicales et leur accessibilité accrue, ainsi que par l’ubérisation du métier de chirurgien esthétique, qui pourrait se déplacer à domicile pour réaliser des interventions. Le docteur Marchac souligne que cette tendance s’appuie déjà sur une standardisation des critères de beauté, notamment grâce à l’intelligence artificielle (IA), qui analyse les données des chirurgiens et des colloques internationaux pour proposer des protocoles de transformation.
L’intelligence artificielle joue un rôle central dans cette évolution, en devenant un outil incontournable pour les patients et les chirurgiens. Les individus envoient désormais des selfies à des IA spécialisées, qui analysent leur visage et proposent des programmes de transformation détaillés pour se rapprocher d’un canon de beauté idéal. Ces IA, alimentées par des données mondiales, pourraient créer un visage universel, conçu à partir des critères esthétiques les plus répandus. Le docteur Marchac explique que les patients formulent aujourd’hui des demandes de plus en plus précises, comme l’élimination de glandes sous-mandibulaires, reflétant une médicalisation poussée de l’apparence physique.
Nathalie Azoulai, romancière et essayiste, décrit dans son livre Le Nouveau Visage (2026) les caractéristiques d’un visage uniformisé par la chirurgie esthétique. Ce visage serait repulpé, symétrique et marqué par des yeux grands ouverts. Il présenterait une teinte particulière, à la fois humide et nacrée, notamment au niveau des ailes du nez et des sillons nasogéniens, qui seraient retravaillés. Cette apparence donnerait une impression de fraîcheur et de jeunesse, comme si un filtre chirurgical avait été appliqué. Azoulai compare cette transformation à un éclat emprunté, évoquant une tentative de corriger les effets du temps, comme dans la pièce Athalie de Racine.
L’uniformisation des visages soulève des questions éthiques, esthétiques et politiques. D’un point de vue éthique, elle interroge la notion de liberté individuelle et de pression sociale exercée par les normes de beauté. Sur le plan esthétique, elle pourrait appauvrir la diversité des expressions faciales et des identités visuelles. Politiquement, cette standardisation pourrait renforcer les inégalités, car l’accès à ces transformations dépendrait des ressources financières de chacun. Enfin, elle pose la question de l’aliénation à un canon unique, où la beauté serait définie par des algorithmes et des pratiques médicales, plutôt que par la diversité naturelle des traits humains.

