Ménopause : faire du sport peut améliorer l’humeur et la qualité de vie
Le virage hormonal de la cinquantaine ne bouleverse pas que le corps, il pèse aussi sur le moral. Or le traitement hormonal ne convient pas à toutes, et les thérapies manquent de places.
La ménopause, qui survient généralement autour de la cinquantaine, ne se limite pas aux symptômes physiques comme les bouffées de chaleur. Elle s’accompagne souvent de troubles de l’humeur, notamment de dépression, d’anxiété, de stress et de difficultés de mémoire. Ces symptômes peuvent avoir un impact significatif sur le quotidien et, dans certains cas, entraîner des conséquences professionnelles graves. Au Royaume-Uni, par exemple, une femme sur dix quitterait son emploi en raison de ces manifestations. Le traitement hormonal substitutif, bien que courant, n’est pas adapté à toutes les femmes, notamment celles ayant eu certains types de cancers, et beaucoup y renoncent par crainte des effets secondaires. Les alternatives comme les psychothérapies se heurtent quant à elles à des délais d’attente importants, rendant l’accès aux soins difficile.
En octobre 2026, une étude menée par l’University College London a analysé l’impact de l’activité physique sur le moral de plus de mille femmes ménopausées. Les chercheurs ont passé en revue douze essais randomisés, réalisés entre 2011 et 2024 dans sept pays, impliquant 1 003 femmes en périménopause (période précédant la ménopause) ou en début de post-ménopause. L’objectif était de mesurer comment l’exercice pouvait atténuer les symptômes dépressifs et améliorer la qualité de vie. Les résultats montrent que l’activité physique, même modérée, joue un rôle clé dans la réduction de la dépression et l’amélioration du bien-être psychologique pendant cette transition hormonale.
Tous les types d’exercices ne produisent pas les mêmes effets sur l’humeur. Les activités d’endurance, comme la marche rapide, la Zumba, la danse ou le taekwondo, sont particulièrement efficaces pour réduire les symptômes dépressifs et améliorer la qualité de vie. Ces activités nécessitent généralement moins de séances par semaine, ce qui les rend plus accessibles pour des emplois du temps chargés. En revanche, les pratiques corps-esprit, telles que le yoga, le tai-chi, le Pilates ou les étirements, agissent davantage sur la qualité de vie psychologique. Elles misent sur la respiration, la pleine conscience et l’attention au corps pour apaiser l’esprit. Par exemple, trente minutes de marche trois fois par semaine ou deux séances de yoga hebdomadaires suffisent déjà à observer des améliorations significatives.
L’activité physique influence l’humeur grâce à plusieurs mécanismes biologiques et psychologiques. En bougeant, le corps libère des endorphines, des molécules naturelles qui agissent comme des antidouleurs et stimulent le bien-être, un effet particulièrement utile lorsque les hormones fluctuent. L’exercice régulier améliore également la réponse au stress et favorise la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter et à se réorganiser. Par ailleurs, les cours collectifs, souvent utilisés dans les essais, offrent un avantage supplémentaire : le lien social, qui est lui-même associé à une meilleure qualité de vie. Ces effets ne corrigent pas directement la ménopause, mais ils atténuent son impact sur le moral et le quotidien des femmes concernées.
Malgré des résultats prometteurs, les auteurs de l’étude soulignent que la plupart des essais analysés portaient sur de petits échantillons et présentaient un risque élevé de biais. Ils appellent donc à des recherches plus robustes, avec des suivis plus longs, pour déterminer avec précision la fréquence, la durée et le type d’activité physique les plus efficaces. L’objectif est de fournir des recommandations claires et personnalisées pour les femmes en ménopause. En attendant, les données disponibles suggèrent que l’exercice, même modéré, constitue une solution simple, accessible et peu coûteuse pour améliorer le bien-être pendant cette période de transition.

