L’Ukraine demande à connecter ses missiles avec Starlink et annonce un projet européen en cours de développement
L’Ukraine souhaite utiliser le réseau Starlink afin de frapper le territoire russe en profondeur, mais elle doit composer avec les sautes d’humeur d’Elon Musk..
L’Ukraine cherche à utiliser le réseau Starlink, un service de connexion internet par satellite développé par l’entreprise américaine SpaceX d’Elon Musk, pour guider ses missiles et drones bien au-delà de ses frontières. Actuellement, Starlink est déjà utilisé par l’armée ukrainienne sur son territoire national, mais Kiev souhaite étendre cette couverture jusqu’à 200 kilomètres en profondeur sur le territoire russe. Cette demande a été formulée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’une rencontre avec l’ancien président américain Donald Trump à la Maison Blanche. L’objectif est d’améliorer la précision des frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes, comme les entrepôts de Wildberries, une plateforme de vente en ligne comparable à Amazon en Russie. Cependant, cette extension dépend entièrement de l’accord d’Elon Musk, dont la position sur le sujet est instable et imprévisible.
Elon Musk, fondateur de SpaceX et de Starlink, joue un rôle clé dans ce dossier, car il est le seul à pouvoir autoriser l’extension du réseau au-delà des frontières ukrainiennes. Jusqu’à présent, Musk a accepté de fournir Starlink à l’Ukraine, mais il a toujours refusé de l’étendre à des zones comme la Crimée, une péninsule ukrainienne annexée par la Russie. De plus, la relation entre Musk et l’Ukraine s’est tendue après le limogeage de Mykhailo Fedorov, ancien ministre ukrainien de la Transformation numérique et interlocuteur privilégié de Musk. Cette situation crée une incertitude pour Kiev, qui doit composer avec les décisions d’un acteur privé dont les motivations géopolitiques restent floues. Parallèlement, l’Ukraine demande aussi à obtenir davantage de missiles Patriots, un système de défense anti-aérienne américain déjà utilisé par les États-Unis dans d’autres conflits.
Face aux réticences d’Elon Musk et aux risques de dépendance, l’Ukraine explore une alternative européenne : le développement d’un réseau satellite similaire à Starlink, baptisé IRIS². Ce projet, encore en phase de test, vise à réduire la dépendance de l’Ukraine (et de l’Europe) aux technologies américaines et chinoises. Volodymyr Zelensky a confirmé que des essais étaient déjà en cours, déclarant : « Nous n’allons pas nous contenter d’attendre que les Chinois et les Russes lancent leur propre équivalent de Starlink. Bien sûr, nous allons travailler avec Starlink, mais nous travaillons aussi sur un autre projet européen. » L’objectif est de disposer d’une solution indépendante pour les communications militaires et civiles. Cependant, ce projet reste en développement et ne sera pas opérationnel avant plusieurs années.
L’utilisation de Starlink ou d’un futur réseau européen par l’Ukraine s’inscrit dans une stratégie plus large visant à fragiliser l’économie et les capacités militaires russes. En ciblant des infrastructures civiles comme les entrepôts de *Wildberries*, l’Ukraine cherche à affaiblir indirectement l’armée russe, qui dépend de ces ressources logistiques. Par ailleurs, la Russie et la Chine développent actuellement leur propre réseau satellite en partenariat, ce qui pourrait renforcer leur autonomie technologique face aux sanctions occidentales. Pour l’Ukraine, la maîtrise des communications par satellite est donc un enjeu majeur, tant pour la conduite des opérations militaires que pour la résilience de son économie en temps de guerre.

