Des chercheurs démontrent que dormir moins de 7 heures par nuit pèse plus sur votre espérance de vie que l’alimentation ou le sport
Vous pouvez parfaitement manger bio et taper votre petit footing trois fois par semaine : si vous dormez mal, votre organisme le paiera au prix fort..
Une étude publiée le 8 décembre 2025 dans la revue Sleep Advances par des chercheurs de l’Oregon Health & Science University (OHSU) révèle que dormir moins de sept heures par nuit a un impact plus négatif sur l’espérance de vie que l’alimentation ou l’activité physique. L’équipe, dirigée par Andrew McHill, a analysé des données épidémiologiques collectées entre 2019 et 2025 aux États-Unis. Les résultats montrent que les comtés où les habitants déclarent dormir moins de sept heures ont systématiquement une espérance de vie plus courte, même après ajustement statistique pour d’autres facteurs comme l’alimentation, l’activité physique ou le contexte socio-économique. Le manque de sommeil est ainsi considéré comme un marqueur de longévité plus déterminant que la sédentarité ou la qualité du régime alimentaire, seuls le tabagisme et l’obésité le devancent dans certains modèles.
Pour établir ce lien, les chercheurs ont croisé deux types de données : l’espérance de vie moyenne des habitants de chaque comté américain et les déclarations des résidents sur leur durée de sommeil nocturne. Ils ont ensuite calculé la proportion de personnes dormant moins de sept heures dans chaque comté et l’ont comparée à l’espérance de vie locale. Bien que cette corrélation brute ne suffise pas à prouver un lien de cause à effet, les scientifiques ont intégré d’autres variables (alimentation, activité physique, niveau d’éducation, etc.) dans leurs modèles statistiques. Même après ces ajustements, le manque de sommeil restait fortement associé à une réduction de l’espérance de vie. Cette approche permet de réduire l’influence des facteurs confondants, mais ne permet pas d’affirmer que le sommeil est la cause directe des décès prématurés.
Les auteurs de l’étude soulignent que le sommeil joue un rôle clé dans la régénération de l’organisme, bien que la durée idéale de sept heures ne soit pas une norme scientifique absolue. Le manque de sommeil est souvent lié à des problèmes de santé comme l’obésité et le diabète, deux pathologies chroniques qui réduisent la longévité. Andrew McHill, principal auteur de l’étude, a exprimé sa surprise face à la force de la corrélation entre le sommeil et l’espérance de vie, notant que ce facteur est souvent sous-estimé par rapport à l’alimentation ou au sport. Les chercheurs insistent sur l’importance de considérer le sommeil comme une priorité au même titre que ces autres aspects du mode de vie.
Cette étude présente plusieurs limites importantes. D’abord, il s’agit d’une recherche observationnelle et corrélationnelle, ce qui signifie qu’elle établit un lien statistique entre le sommeil et l’espérance de vie, mais ne prouve pas que le manque de sommeil en est la cause directe. Ensuite, les données reposent sur des déclarations des participants, ce qui peut introduire des biais (sous-estimation ou surestimation de la durée de sommeil). Enfin, bien que les modèles statistiques aient été ajustés pour tenir compte de nombreux facteurs, d’autres variables non mesurées pourraient influencer les résultats. Malgré ces limites, l’étude met en lumière l’importance du sommeil comme indicateur de santé publique.
Les chercheurs de l’OHSU, en collaboration avec la revue *Sleep Advances*, appellent à accorder au sommeil une priorité équivalente à celle de l’alimentation ou de l’exercice physique. Andrew McHill résume cette position en affirmant que « passer une bonne nuit améliore la façon dont vous vous sentez, mais aussi la durée de votre vie ». Bien que l’étude ne fournisse pas de recommandations précises sur la durée idéale de sommeil, elle souligne que dormir moins de sept heures par nuit est associé à des risques accrus pour la santé. Les auteurs encouragent les individus et les autorités sanitaires à intégrer cette dimension dans les politiques de santé publique.

