En Angleterre, les données de santé intime de millions de femmes ont été vendues par des apps liées à la ménopause
Dix apps liées à la ménopause parmi les plus utilisées ont raté un test indépendant de sécurité. Symptômes, sommeil et traitements hormonaux sont transmis à des annonceurs sans demande préalable de consentement..
En Angleterre, des applications mobiles destinées à suivre les symptômes liés à la ménopause ont collecté et vendu les données de santé intime de millions de femmes. Ces applications, souvent gratuites ou peu coûteuses, permettent aux utilisatrices de suivre leurs cycles, leurs symptômes physiques ou psychologiques, et d’échanger avec d’autres utilisatrices. Les données recueillies incluent des informations sensibles comme les dates des règles, les bouffées de chaleur, les changements d’humeur ou encore les traitements suivis. Ces données sont ensuite revendues à des tiers, notamment des entreprises spécialisées dans la publicité ou l’analyse de données, sans que les utilisatrices en soient toujours informées de manière transparente.
Les données de santé intime de millions de femmes ont été vendues par ces applications, ce qui soulève des questions éthiques et juridiques majeures. Selon des enquêtes menées en Angleterre, ces données ont été transmises à des sociétés externes, parfois à des fins publicitaires ou de recherche commerciale. Les utilisatrices n’ont pas toujours donné leur consentement explicite pour cette revente, ou ce consentement a été obtenu de manière floue, via des clauses cachées dans les conditions d’utilisation. Les entreprises concernées n’ont pas précisé comment ces données étaient protégées ou utilisées, ce qui expose les utilisatrices à des risques de violation de leur vie privée ou de discrimination.
La vente de ces données intimes expose les utilisatrices à plusieurs risques. D’abord, ces informations sensibles pourraient être utilisées pour cibler des publicités intrusives, notamment pour des produits liés à la santé ou au bien-être. Ensuite, elles pourraient être exploitées à des fins de discrimination, par exemple par des assureurs ou des employeurs, bien que cela soit illégal dans de nombreux pays. Enfin, ces données pourraient être piratées ou fuiter, ce qui compromettrait la confidentialité des utilisatrices. Les applications concernées n’ont pas toujours mis en place des mesures de sécurité suffisantes pour protéger ces données, selon les régulateurs britanniques.
Les autorités britanniques, notamment le Information Commissioner’s Office (ICO), ont réagi à cette affaire en enquêtant sur les pratiques de ces applications. L’ICO est l’organisme chargé de veiller au respect du General Data Protection Regulation (RGPD), un règlement européen qui encadre la protection des données personnelles. Les régulateurs pourraient sanctionner les entreprises responsables de la vente non autorisée de ces données, avec des amendes pouvant atteindre jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires mondial. Cette affaire illustre les limites des régulations actuelles face à l’exploitation commerciale des données de santé.
Pour limiter les risques liés à l’utilisation de ces applications, les experts recommandent plusieurs précautions. D’abord, il est conseillé de lire attentivement les conditions d’utilisation et la politique de confidentialité avant de télécharger une application, même si cela prend du temps. Ensuite, il est préférable de privilégier les applications qui proposent une protection renforcée des données, comme le chiffrement ou l’anonymisation des informations. Enfin, les utilisatrices peuvent désactiver les options de partage de données dans les paramètres de l’application ou utiliser des alternatives moins intrusives pour suivre leur santé.

