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Société

Will declaring an epidemic help end gender-based violence?

Ricochet · mis à jour il y a 12 j

Governments in Atlantic Canada have all made formal declarations — but is that enough to quell violence against women, girls and gender-diverse people? The post Will declaring an epidemic help end gender-based violence? appeared first on Ricochet..

Déclaration historique en Nouvelle-Écosse

En septembre 2024, la Nouvelle-Écosse est devenue la première province canadienne à déclarer l’intime partner violence (violence conjugale) une épidémie, grâce à une loi adoptée à l’unanimité. Cette décision fait suite à une mobilisation citoyenne menée par des femmes syndicalistes, dont Jennifer Murray, directrice régionale de Unifor Atlantic, qui ont interpellé le premier ministre Tim Houston. Initialement réticent, ce dernier a finalement cédé face à la pression, permettant l’adoption rapide de la loi en seulement huit jours. Cette loi, intitulée Intimate Partner Violence Epidemic Act, marque un tournant dans la reconnaissance politique de ce fléau, souvent minimisé ou ignoré par les gouvernements précédents.

Extension à d'autres provinces

L’initiative de la Nouvelle-Écosse a inspiré d’autres provinces. En juin 2025, le Nouveau-Brunswick a déclaré la violence basée sur le genre une épidémie, suivi par Terre-Neuve-et-Labrador en mai 2026. Le premier ministre de cette dernière province, Tony Wakeham, a justifié cette décision par la nécessité de « démontrer la gravité de cette menace persistante et croissante ». Contrairement à la Nouvelle-Écosse, ces provinces ont adopté une approche plus large, incluant toutes les formes de violence genrée, comme la violence sexuelle, familiale ou culturelle, plutôt que de se limiter à la violence conjugale.

Définition et ampleur du problème

La violence basée sur le genre (gender-based violence) désigne toute forme de violence dirigée contre une personne en raison de son genre, de son identité de genre ou de son expression de genre. Elle inclut la violence conjugale (intimate partner violence), définie par l’ONU comme un « schéma de comportements visant à établir ou maintenir un contrôle sur un partenaire intime ». Selon l’OMS, en 2023, 29 % des femmes en Amérique du Nord âgées de 15 à 49 ans en ont été victimes. Au Canada, en 2025, 49 % des femmes âgées de 25 à 34 ans ont déclaré avoir subi une agression sexuelle au cours de leur vie, un chiffre qui atteint plus de 50 % pour les femmes autochtones du même âge.

Plan national et engagements fédéraux

En 2022, le gouvernement fédéral canadien a lancé un Plan d’action national pour mettre fin à la violence basée sur le genre, doté d’une enveloppe initiale de 539 millions de dollars sur 10 ans. Ce plan s’articule autour de cinq piliers : soutien aux survivantes, prévention, justice, approches autochtones et infrastructures sociales. En juillet 2026, une nouvelle tranche de 607 millions de dollars sur quatre ans (à partir de 2027-2028) a été annoncée. Ce plan repose sur des accords bilatéraux avec les 13 provinces et territoires, conditionnant les financements à l’alignement sur ses objectifs. Cependant, des critiques pointent un manque de cohérence et de suivi dans les précédentes initiatives fédérales.

Rôle des commissions et rapports clés

La Commission d’enquête sur la tuerie de masse en Nouvelle-Écosse (2020) a joué un rôle central en recommandant, dans son rapport de mars 2023, de déclarer la violence genrée une épidémie. Ce rapport souligne le lien entre la violence conjugale et les tueries de masse, notant que « le premier pas vers la prévention est de reconnaître le danger d’escalade inhérent à toutes les formes de violence ». Par ailleurs, en 2020, l’ONU avait alerté sur une « pandémie fantôme » (shadow pandemic) affectant les femmes pendant la crise du COVID-19, en raison de l’isolement forcé avec leurs agresseurs.

Inégalités et facteurs aggravants

Les observateurs associent la persistance de la violence genrée à des politiques d’austérité (austerity) et de néolibéralisme (neoliberalism), qui ont marginalisé les femmes et les personnes de genres divers. Les inégalités économiques, la hausse du coût de la vie et la pauvreté aggravent cette situation. Par exemple, au Nouveau-Brunswick, les incidents de violence conjugale ont augmenté de 39 % sur 12 ans, faisant de cette province celle où le taux est le plus élevé en Atlantique. En Nouvelle-Écosse, entre 2021 et 2025, 15 153 incidents ont été signalés à la police, mais seulement 1 054 ont conduit à des accusations, illustrant l’écart entre les signalements et les poursuites.

Limites des données et défis persistants

Les statistiques officielles ne reflètent qu’une partie de la réalité. Selon le gouvernement fédéral, en 2019, 80 % des victimes de violence conjugale n’ont pas signalé les faits à la police. Les victimes les plus touchées sont les femmes noires, racialisées, immigrantes, autochtones, en situation de handicap ou vivant dans des communautés rurales ou nordiques. Les personnes LGBTQ+ sont également surreprésentées. Malgré les déclarations d’épidémie, des tragédies continuent de se produire : en Nouvelle-Écosse, six femmes ont été tuées par leur partenaire masculin en trois mois, quelques semaines seulement après l’adoption de la loi.

Ce que ça pourrait changer

En Nouvelle-Écosse, la loi a permis la création d’une **table d’engagement** (*engagement table*) réunissant des prestataires de services, des survivantes, des chercheurs et des groupes communautaires. Cette instance se réunit plusieurs fois par an pour proposer des réformes législatives et politiques. En juin 2025, la province a également publié un rapport de 400 pages, fruit d’une collaboration avec des leaders anti-violence, proposant des pistes pour un plan d’action national. Cependant, les résultats concrets restent à évaluer, notamment en termes de réduction des incidents et d’amélioration de la réponse judiciaire et sociale.

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