NapseflowNapseflow
Géopolitique

Deux fois plus d’hectares ont brûlé en Europe depuis le 1er janvier par rapport à la moyenne des 20 dernières années

Le Grand Continent · mis à jour il y a 14 j

Au mercredi 22 juillet, 275 000 hectares ont brûlé en Europe depuis le début de l’année, dont plus de la moitié en Espagne et en France. L’article Deux fois plus d’hectares ont brûlé en Europe depuis le 1er janvier par rapport à la moyenne des 20 dernières années est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Bilan des incendies 2026

Depuis le début de l’année 2026, l’Europe a connu une saison des incendies particulièrement intense. Selon les données du Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), 275 000 hectares ont brûlé jusqu’au 22 juillet, soit le double de la moyenne enregistrée sur la période 2006-2025 à la même époque (138 000 hectares). Cette moyenne correspond à la surface moyenne brûlée chaque année sur les vingt dernières années, calculée à partir des données historiques. L’EFFIS est un outil développé par l’Union européenne pour suivre en temps réel l’évolution des feux de forêt en Europe. Les incendies sont concentrés principalement en Espagne, en France et en Italie, avec 56 % de la surface totale brûlée localisée dans la péninsule Ibérique, dont 45 % en Espagne seule. L’Italie et la France suivent avec respectivement 48 000 et 46 000 hectares brûlés. Malgré ces chiffres alarmants, la surface totale brûlée reste inférieure au record de 561 000 hectares enregistré en 2022 à la même période.

Causes des incendies

Les incendies de forêt en Europe en 2026 sont principalement causés par des vagues de chaleur répétées et une sécheresse sévère qui frappent le continent depuis plusieurs semaines. Ces conditions climatiques extrêmes assèchent les sols et transforment la végétation en un combustible idéal pour les feux. Une étude publiée le 23 juillet 2026 par le réseau scientifique World Weather Attribution révèle que la sécheresse actuelle en Europe occidentale est cinq fois plus probable aujourd’hui qu’elle ne l’était avant l’ère industrielle, en raison du changement climatique. Ce phénomène s’explique par deux mécanismes : d’une part, des changements dans la circulation atmosphérique qui perturbent les régimes de pluie, et d’autre part, un réchauffement global de l’atmosphère qui augmente la demande en évaporation et modifie les précipitations, même dans des régions où les pluies restent stables. En Europe de l’Est, la situation est aggravée par un déficit de pluie persistant.

Rôle du climat

Le changement climatique joue un rôle central dans l’aggravation des incendies en Europe. L’année 2026 est marquée par une sécheresse survenue deux mois plus tôt qu’en 2022, année record pour les feux de forêt. Cette précocité s’explique en partie par un hiver humide qui a favorisé la pousse d’une végétation abondante. Lorsque la sécheresse s’est installée au printemps et en été, cette végétation, devenue sèche, a servi de carburant aux incendies. Les scientifiques soulignent que le réchauffement de l’atmosphère augmente à lui seul le risque de sécheresse, même dans des zones où les précipitations ne diminuent pas. Ce phénomène est particulièrement marqué en Europe de l’Ouest, où les températures estivales élevées accélèrent l’évaporation de l’eau des sols. Les experts estiment que ces conditions climatiques extrêmes sont directement liées à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Impacts économiques

Les incendies et les vagues de chaleur ont des conséquences économiques majeures en Europe. Selon une analyse publiée le 22 juillet 2026 par l’Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU), la vague de chaleur de juin 2026 a entraîné une perte de récolte de céréales (blé, orge, maïs) estimée à près de 2 milliards d’euros. En France, les agriculteurs anticipent la pire récolte de maïs depuis un demi-siècle, avec jusqu’à 10 millions de tonnes de céréales perdues cette année à cause de la canicule. Ces pertes s’ajoutent aux dégâts causés par les incendies, qui ravagent des terres agricoles et des forêts. L’ECIU est un groupe de réflexion britannique qui analyse les impacts économiques des politiques climatiques. Ces chiffres illustrent l’ampleur des coûts directs et indirects du changement climatique pour l’agriculture européenne, un secteur déjà fragilisé par les aléas climatiques.

Ce que ça pourrait changer

Les experts s’attendent à ce que les incendies de forêt et les sécheresses deviennent plus fréquents et plus intenses en Europe dans les années à venir, en raison du changement climatique. Les modèles climatiques prévoient une augmentation des températures moyennes et une modification des régimes de précipitations, avec des étés plus secs et des vagues de chaleur plus longues. Ces conditions favoriseront la propagation des feux de forêt et aggraveront les risques de sécheresse, même dans des régions traditionnellement humides. Les autorités européennes et les scientifiques appellent à une meilleure gestion des ressources en eau et à des politiques d’adaptation pour limiter les impacts de ces phénomènes. Cependant, les solutions à long terme dépendent des efforts internationaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique.

Sujets complémentaires