Un atlas alimentaire pour préserver les recettes et les traditions de l’Amazonie
Des représentants de 14 communautés de l’Amazonie, venues d’Équateur, du Brésil, du Pérou, de Bolivie ou du Suriname, se sont réunis en Colombie pour partager les secrets de leur cuisine et les compiler dans un atlas. Ils se sont découvert de nombreux points communs, reflets d’un rapport spécifique à la nature qui les entoure..
Un collectif de représentants de 14 communautés amazoniennes venues d'Équateur, du Brésil, du Pérou, de Bolivie, du Suriname, du Guyana et de Colombie s'est réuni en octobre 2026 à Leticia, en Colombie, pour compiler un atlas alimentaire. Ce projet, mené sur plus d'un an, vise à documenter et préserver les recettes traditionnelles et les savoir-faire culinaires de ces communautés. L'objectif est de mettre en lumière la richesse historique et culturelle de la cuisine amazonienne, souvent méconnue en dehors des régions concernées. Les participants ont partagé leurs connaissances lors de rencontres organisées dans une réserve naturelle gérée par la société civile, située à 14 kilomètres de Leticia. Ce travail collaboratif a révélé des points communs entre les différentes cultures, reflétant un rapport spécifique à la nature et à l'environnement local.
Les représentants des communautés amazoniennes ont effectué des déplacements parfois très longs pour participer à ce projet. Par exemple, Maria Francisca Silva de Oliveira, venue de São Raimundo dans l'Amazonie brésilienne, a voyagé pendant près de trente heures en bateau-bus jusqu'à Manaus, puis a pris un vol jusqu'à Tabatinga, à la frontière avec la Colombie. De là, elle s'est rendue à Leticia, en Colombie, après un trajet supplémentaire. D'autres participants ont effectué des trajets tout aussi complexes : certains sont venus des plaines inondables de Bolivie, tandis que d'autres ont pris des vols internationaux depuis le Suriname, avec des escales à Curaçao et Bogota. Ces déplacements illustrent l'effort collectif consenti pour préserver un patrimoine culturel commun.
Les communautés amazoniennes s'approvisionnent principalement en aliments cultivés ou trouvés dans la forêt, ce qui fait de leur cuisine un reflet direct de leur environnement. Ce mode de vie traditionnel est aujourd'hui menacé par des pressions extérieures comme la déforestation, l'industrialisation ou l'acculturation. L'atlas alimentaire s'inscrit dans une démarche de sauvegarde de ce patrimoine immatériel, en documentant des savoir-faire ancestraux avant qu'ils ne disparaissent. Le projet a été réalisé dans le cadre d'une réserve naturelle gérée par la société civile, soulignant l'importance de la préservation des écosystèmes pour maintenir ces traditions culinaires. Les participants ont souligné que leur cuisine est bien plus qu'une simple alimentation : elle incarne une relation unique avec la nature et une identité culturelle forte.
Le processus de création de l'atlas a reposé sur des échanges directs entre les communautés. Sous une grande structure en bois, un feu de camp a été maintenu presque en permanence, servant de cadre aux discussions et aux présentations. Les dirigeants des communautés ont partagé leurs recettes, leurs techniques de préparation et leurs connaissances sur les ingrédients locaux. Ce travail collaboratif a permis de révéler des similitudes entre les différentes cultures, malgré la diversité géographique. Les cartes et documents produits dans le cadre de l'atlas visent à servir de référence pour les générations futures, tout en sensibilisant le grand public à la richesse de la cuisine amazonienne. Ce projet s'inscrit dans une logique de transmission et de valorisation des savoirs traditionnels.
L'atlas alimentaire a été réalisé avec le soutien d'organisations locales et internationales, bien que l'article ne précise pas leur nom. Le projet a été mené en collaboration avec des réserves naturelles gérées par la société civile, comme celle d'Acapú en Colombie, où les rencontres ont eu lieu. Ces partenariats soulignent l'importance de l'implication des acteurs locaux dans la préservation du patrimoine culturel. L'initiative a également bénéficié de la participation active des communautés elles-mêmes, qui ont joué un rôle central dans la collecte et la documentation des savoirs. Le projet s'inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des cultures autochtones et de leurs traditions culinaires.

