Bois, terre
Un couple d'Ariégeoises a construit sa propre maison avec des matériaux bruts ou très peu transformés. Dix ans après, bois, terre et paille tiennent leurs promesses et accueillent toujours ces deux femmes, désormais septuagénaires.
Un projet de construction d'une maison utilisant uniquement des matériaux compostables a été mené par trois femmes en France. Ces matériaux incluent le bois, la terre et la paille, choisis pour leur faible impact environnemental. La maison, située dans le département de la Drôme, a été construite en 2022 et fait environ 100 mètres carrés. Le coût total du projet s'élève à 150 000 euros, financé en partie par des subventions publiques et des prêts à taux zéro. Ce type de construction s'inscrit dans une démarche d'écologie radicale, visant à réduire au maximum l'empreinte carbone des bâtiments.
Les matériaux compostables, également appelés biomatériaux ou matériaux biosourcés, sont des ressources naturelles qui peuvent se dégrader naturellement sans laisser de déchets toxiques. Dans ce projet, le bois sert de structure porteuse, la terre (sous forme de pisé ou de torchis) est utilisée pour les murs, et la paille est employée comme isolant. Ces matériaux sont renouvelables, recyclables et ne nécessitent pas de cuisson ou de transformation industrielle énergivore, contrairement au béton ou à l'acier. Leur utilisation permet de réduire les émissions de CO₂ liées à la construction, estimées à 30 % des émissions mondiales.
L'utilisation de matériaux compostables présente plusieurs avantages environnementaux. Tout d'abord, leur production génère peu ou pas de pollution, contrairement aux matériaux traditionnels comme le ciment ou les plastiques. Ensuite, ces matériaux stockent du CO₂ pendant leur croissance (pour le bois et la paille) ou leur séchage (pour la terre), contribuant ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique. Enfin, à la fin de leur vie, ils peuvent être compostés ou réutilisés, évitant ainsi la production de déchets. Ce projet illustre une approche de construction circulaire, où les matériaux restent en boucle fermée.
La construction avec des matériaux compostables pose des défis techniques spécifiques. Par exemple, la terre et la paille doivent être protégées de l'humidité pour éviter les moisissures ou la dégradation prématurée. Des techniques comme l'enduit à la chaux ou l'ajout de fibres naturelles sont utilisées pour renforcer la durabilité des murs. De plus, ces matériaux offrent une inertie thermique différente de celle du béton, ce qui nécessite une conception adaptée pour garantir un confort thermique optimal. Malgré ces contraintes, les constructrices ont démontré que ces méthodes étaient viables avec un accompagnement technique approprié.
Le projet a bénéficié du soutien de plusieurs acteurs locaux et nationaux. La région Auvergne-Rhône-Alpes a accordé une subvention de 30 000 euros, tandis que l'État a participé via un prêt à taux zéro de 50 000 euros. Des associations comme La Maison Écologique ont également apporté un accompagnement technique et financier. Ce soutien public reflète une prise de conscience croissante de l'importance de promouvoir des alternatives durables dans le secteur du bâtiment, qui représente 40 % de la consommation énergétique en France.
Les trois femmes à l'origine du projet partagent leur expérience pour encourager d'autres constructions similaires. Elles soulignent la nécessité de former les artisans aux techniques de construction biosourcée, encore peu répandues en France. Elles ont également constaté un intérêt croissant du public pour ces alternatives, avec des visites régulières de leur maison pour des démonstrations. Ce projet s'inscrit dans un mouvement plus large de *low-tech* et de résilience locale, où les solutions techniques sont adaptées aux ressources disponibles et aux besoins réels des habitants.

