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Culture

La colère lycéenne toujours vive, une intervention policière fait polémique à Saint-Denis

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 21 j

Des violences et des coups dénoncés : en Seine-Saint-Denis, des élèves et des enseignants dénoncent l’interpellation brutale d’un lycéen au sein même de leur établissement..

Blocages lycéens persistants

Depuis plusieurs semaines, des lycées en France restent bloqués par des mouvements de contestation portés par les élèves. Ces mobilisations, qui s’inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement, visent notamment les conditions de travail dans les établissements scolaires, les problèmes liés à la plateforme Parcoursup (un système d’orientation post-bac) et les emplois du temps jugés trop chargés. À Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, la tension est particulièrement forte après une intervention policière controversée dans un lycée local, le lycée Paul-Éluard.

Interpellation controversée

Le 15 octobre 2026, des enseignants et du personnel du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis dénoncent une interpellation jugée violente par la police en civil. L’intervention visait un lycéen, mais les personnels de l’établissement affirment que les policiers ont eu des réactions brutales, allant jusqu’à frapper certains élèves et membres du personnel qui tentaient de s’interposer. Ces scènes, filmées et diffusées, ont alimenté la colère des lycéens et des enseignants, déjà mobilisés depuis plusieurs semaines. Les vidéos ont été transmises aux médias, renforçant la polémique autour de l’utilisation de la force par les forces de l’ordre dans un établissement scolaire.

Violences policières et enquêtes

Depuis le début du mouvement lycéen, les tensions entre manifestants et forces de l’ordre ont conduit à des violences. Selon le ministère de l’Intérieur, près de 8 000 manifestants ont été placés en garde à vue, tandis que 900 policiers et gendarmes ont été blessés, ainsi que 200 lycéens et 150 personnels de l’éducation. Pour faire la lumière sur ces incidents, 36 enquêtes ont été confiées à l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), un service chargé d’enquêter sur les éventuels abus de pouvoir ou violences policières. Ces enquêtes visent à déterminer si les interventions, comme celle de Saint-Denis, ont respecté les règles d’usage de la force.

Réactions politiques contrastées

Face à la crise, le gouvernement tente de trouver un équilibre entre fermeté et dialogue. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré que « les violences entachent le mouvement lycéen », soulignant que les actions violentes nuisent à la crédibilité de la contestation. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a rencontré à trois reprises les représentants des organisations lycéennes pour aborder des sujets comme les conditions des bâtiments scolaires, les dysfonctionnements de Parcoursup et les emplois du temps surchargés. Cependant, ces échanges ne suffisent pas à calmer la colère des lycéens, qui dénoncent un manque de réponses concrètes à leurs revendications.

Tensions au sein des forces de l’ordre

La crise actuelle révèle aussi des tensions au sein des forces de l’ordre. Le syndicat de police Alliance a annoncé son intention de déposer plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Les policiers reprochent une dissonance entre les consignes données par le ministère de l’Intérieur et celles transmises par leur hiérarchie. Cette situation crée un malaise au sein des forces de l’ordre, certains policiers estimant que leurs actions sont critiquées sans tenir compte des contraintes opérationnelles auxquelles ils font face.

Autres actualités liées aux violences

Parallèlement aux tensions dans les lycées, d’autres affaires de violences impliquant des mineurs ont été médiatisées. À Aubagne, un collégien de 14 ans, mis en examen pour avoir tiré et blessé un principal et une professeure, a été placé en détention. Deux autres adolescents, liés à une communauté en ligne appelée True Crime Community (une communauté en ligne fascinée par les tueries de masse), ont été interpellés : l’un, âgé de 13 ans, dans le Nord, et l’autre, 17 ans, soupçonné d’avoir projeté une attaque dans un établissement alsacien. Ces affaires rappellent la gravité des violences scolaires et la nécessité de renforcer la prévention.

Ce que ça pourrait changer

La semaine du 15 octobre 2026 a également été marquée par d’autres mouvements sociaux. Une soixantaine d’organisations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ont manifesté devant l’Assemblée nationale à Paris pour dénoncer des baisses de subventions pouvant atteindre 70 % pour certains acteurs du secteur social. Ces associations dénoncent une surcharge de travail et un manque de moyens, dans un contexte où les besoins sociaux sont de plus en plus importants. Par ailleurs, la candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen a relancé un débat politique en exigeant le départ du président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, qu’elle accuse de manquer de neutralité.

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