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Société

Des oies font caca sur leurs courts de tennis, ce club anglais décide de les tuer

Slate FR · mis à jour il y a 24 j

En Angleterre, un club de tennis huppé a pris la décision d'abattre des bernaches du Canada. En cause: ces animaux produisaient des fientes toutes les six minutes environ, soit près d'un kilo par jour..

Conflit au club

Un club de tennis privé prestigieux en Angleterre, le St George's Hill Lawn Tennis Club, situé dans le Surrey au sud-est du pays, a été le théâtre d’un abattage controversé de bernaches du Canada. Ces oiseaux, appréciés pour leur présence par certains membres, souillaient les courts de tennis avec leurs déjections. Le 16 juillet à 5h25, des coups de feu ont retenti, tuant huit oiseaux dont plusieurs oisons. Le club, fréquenté par des célébrités et des milliardaires, a justifié cette décision par l’impossibilité de gérer le volume croissant de fientes malgré un nettoyage quotidien intensif.

Origine du problème

Les bernaches du Canada sont des oiseaux migrateurs introduits au Royaume-Uni dès 1664, initialement comme cadeau diplomatique d’un ambassadeur russe au roi Charles II. Installées à l’origine dans le St James's Park à Londres, ces oies se sont ensuite répandues dans tout le pays. Leur population a plus que doublé depuis 1984, atteignant environ 160 000 individus aujourd’hui. Au Pays de Galles, leur nombre a même augmenté de 753 % entre 1995 et 2024, illustrant leur expansion rapide et leurs impacts sur les écosystèmes locaux.

Réglementation et autorisation

L’abattage a été réalisé par un prestataire disposant d’un permis délivré par Natural England, l’organisme public britannique chargé de la gestion de la faune et de la flore. Ce permis autorisait spécifiquement l’élimination de certaines espèces d’oiseaux, dont les bernaches du Canada, en raison de leur impact sur les infrastructures. La police du Surrey a été informée préalablement de l’opération, mais le timing matinal et l’absence d’avertissement ont suscité des critiques parmi les résidents et les membres du club.

Réactions des membres

Plusieurs membres du club ont exprimé leur désapprobation face à cette mesure, soulignant que les oies étaient tolérées jusqu’alors malgré leurs désagréments. L’un d’eux a déclaré anonymement au Times que si les fientes étaient effectivement gênantes, cela ne justifiait pas leur abattage. Les résidents s’inquiètent également de l’introduction d’armes à feu sur un domaine privé sans consultation préalable, ce qui a alimenté la polémique autour de cette décision.

Solutions alternatives

Face à la polémique, le directeur général du club, Miles Hill, a défendu la décision en expliquant que les méthodes non létales, comme le nettoyage quotidien, n’étaient plus suffisantes pour gérer le volume de déjections. Cependant, des organisations comme la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA) rappellent que les solutions non violentes doivent être privilégiées en premier lieu. Elles estiment que l’abattage ne devrait être envisagé qu’en dernier recours, lorsque toutes les alternatives ont été épuisées ou s’avèrent inefficaces.

Ce que ça pourrait changer

Les bernaches du Canada, bien que protégées initialement, sont aujourd’hui considérées comme une espèce envahissante au Royaume-Uni en raison de leur prolifération et de leurs effets sur les milieux naturels. Leurs déjections, produites environ toutes les six minutes (soit près d’1 kg par jour et par oie adulte), peuvent dégrader les sols et les infrastructures, comme les courts de tennis. Leur présence massive pose donc un défi de gestion pour les autorités locales et les propriétaires de terrains, notamment dans les zones urbaines ou périurbaines.

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