« Un cadeau pour les plus gros pollueurs de la planète » : Trump supprime les limites d'émissions des centrales au charbon et au gaz
Les centrales à charbon et au gaz américaines n'auront plus à capter leur CO2. L'administration Trump abroge les normes climatiques de 2024 et veut retirer à l'État fédéral tout pouvoir de réguler leurs émissions..
En septembre 2026, l'administration de Donald Trump aux États-Unis a décidé de supprimer les limites d'émissions de gaz à effet de serre pour les centrales électriques fonctionnant au charbon et au gaz naturel. Ces règles, mises en place sous la présidence de Barack Obama en 2015, visaient à réduire la pollution atmosphérique en limitant les rejets de dioxyde de carbone (CO₂), un gaz responsable du réchauffement climatique. Le Clean Power Plan (Plan pour une énergie propre), comme il était appelé, imposait des objectifs de réduction progressifs aux États et aux entreprises du secteur énergétique. La suppression de ces contraintes permet désormais aux centrales de fonctionner sans plafond d'émissions, ce qui pourrait entraîner une augmentation significative de la pollution liée à la production d'électricité aux États-Unis.
Cette mesure est vivement critiquée par les scientifiques et les associations écologistes, qui y voient un recul majeur dans la lutte contre le changement climatique. Selon les experts, les centrales au charbon et au gaz sont parmi les plus polluantes au monde : une centrale à charbon émet en moyenne 820 grammes de CO₂ par kilowattheure produit, contre 490 grammes pour une centrale à gaz. Aux États-Unis, ces centrales représentent environ 30 % des émissions nationales de CO₂. La suppression des limites pourrait donc aggraver la crise climatique, déjà marquée par des événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents. Les opposants à cette décision soulignent également que les États-Unis, premier pays émetteur historique de gaz à effet de serre, enverraient ainsi un mauvais signal à la communauté internationale dans un contexte où l'Accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement à 1,5 °C.
Cette décision s'inscrit dans une politique plus large de soutien à l'industrie fossile menée par l'administration Trump, qui a également relancé des projets d'extraction de pétrole et de gaz, comme l'exploitation des réserves d'Alaska. Les défenseurs de cette mesure, souvent proches des lobbies énergétiques, arguent qu'elle permettra de maintenir des emplois dans le secteur et de réduire les coûts de l'électricité pour les consommateurs. Cependant, les économistes spécialisés dans l'énergie soulignent que les énergies renouvelables (solaire, éolien) sont désormais moins chères que le charbon et le gaz dans de nombreuses régions des États-Unis, rendant cette justification moins pertinente. Les États fédérés, comme la Californie ou New York, ont d'ailleurs annoncé leur intention de maintenir leurs propres régulations environnementales, créant une fracture croissante entre les politiques fédérales et locales.
Au-delà de l'impact climatique, la suppression des limites d'émissions aura des conséquences directes sur la qualité de l'air et la santé des populations. Les centrales au charbon et au gaz libèrent non seulement du CO₂, mais aussi des particules fines (PM2.5), du dioxyde de soufre (SO₂) et des oxydes d'azote (NOx), des polluants responsables de maladies respiratoires, cardiovasculaires et de milliers de décès prématurés chaque année. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l'air cause environ 7 millions de morts par an dans le monde. Aux États-Unis, les États les plus touchés seraient ceux où les centrales sont les plus nombreuses, comme la Pennsylvanie, l'Ohio ou le Texas. Les autorités locales pourraient donc devoir renforcer les systèmes de surveillance de la qualité de l'air pour protéger les populations.
Cette décision place les États-Unis en décalage avec la plupart des pays développés, qui accélèrent au contraire leur transition vers des énergies décarbonées. Par exemple, l'Union européenne a adopté en 2023 un paquet législatif visant à réduire les émissions de CO₂ de 55 % d'ici 2030, tandis que la Chine, premier émetteur mondial, investit massivement dans les énergies solaire et éolienne. Même des pays producteurs de pétrole comme l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis diversifient leur économie pour réduire leur dépendance aux hydrocarbures. Dans ce contexte, les États-Unis pourraient être perçus comme un acteur rétrograde sur la scène internationale, ce qui pourrait affecter leur influence diplomatique et économique à long terme.

