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Martin de la Soudière, ethnologue et conteur des saisons 1 : Présentation - Martin de la Soudière, ethnologue et conteur des saisons

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 15 j

Amoureux du froid et de la neige, conteur singulier de la ruralité et des saisons, Martin de la Soudière se désolait de la perspective d'une disparition des hivers d'antan. Quelques mois après son décès, France Culture rend hommage à cet ethnologue inclassable, fin connaisseur du Massif central..

Un ethnologue passionné

Martin de la Soudière, décédé le 2 février 2026, était un ethnologue, géographe et sociologue français spécialisé dans l'étude des saisons et de la ruralité. Passionné par le froid et la neige, il s'est particulièrement intéressé à la disparition progressive des hivers traditionnels. Son approche unique combinait une analyse scientifique des phénomènes météorologiques et une sensibilité poétique aux traditions paysannes. France Culture lui rend hommage à travers une rétrospective de ses travaux, diffusée dans l'émission Les Nuits de France Culture. Cette émission propose des archives radiophoniques couvrant ses interventions entre les années 1980 et le début des années 2010, mettant en lumière son rôle de conteur des saisons et son attachement aux territoires ruraux, notamment le Massif central.

La Margeride, un territoire d'étude

La Margeride, un vaste massif montagneux situé aux confins de la Lozère et du Cantal, a occupé une place centrale dans les recherches de Martin de la Soudière pendant quarante ans. En 2011, il a publié Poétique du village: Rencontres en Margeride aux éditions Stock, un ouvrage qui explore les paysages, les légendes et les traditions de cette région. Une archive de l'émission Sur les Docks de 2011 le montre en compagnie de Laurent Le Gall et François Teste, partant à la découverte de ces territoires sauvages et de leurs habitants. La Margeride, marquée par des plateaux calcaires et des guerres de religion, incarne pour lui un espace où l'histoire et la géographie se mêlent étroitement, offrant un terrain d'étude riche pour l'ethnologie.

Météo et réchauffement climatique

Martin de la Soudière s'est également penché sur la question du réchauffement climatique et de ses impacts sur les saisons. En mai 2001, il a participé à l'émission Pot-au-feu aux côtés du climatologue Jean Jouzel, où ils ont abordé les liens entre climatologie et météorologie. Dans son essai Au bonheur des saisons: Voyage au pays de la météo, publié chez Grasset, il a exploré les perceptions changeantes des saisons et la nostalgie des hivers d'antan. Il a souligné que les expressions comme Il n'y a plus de saisons! reflètent souvent une vision simplifiée des variations climatiques, qui diffèrent selon les régions, les groupes sociaux et les individus.

Les microclimats, une approche originale

Entre l'été 1997 et 1998, Martin de la Soudière a participé à la série Microclimats sur France Culture, animée par Renée Elkaïm-Bollinger. Cette série, mêlant sciences sociales, poésie et philosophie, a exploré la relation intime des humains avec les saisons et les phénomènes météorologiques. Dans le cinquième volet, il a mis en avant le travail de Yves Aubry, un agriculteur ardéchois et ami, qui illustre l'hétérogénéité des climats locaux et l'importance des vents régionaux. La série a également abordé l'histoire des instruments de mesure du temps, comme le thermomètre et le baromètre, avec le philosophe Daniel Parrochia. Ces émissions révèlent comment la météo, bien plus qu'une simple donnée scientifique, influence les cultures et les modes de vie.

Le vent, symbole des saisons

Dans le septième volet de la série Microclimats, Martin de la Soudière et ses invités, dont l'écrivain Michel Chaillou et le philosophe Daniel Parrochia, ont exploré le thème du vent. Considéré comme un messager omniprésent, le vent est décrit à travers des noms variés selon sa force et sa provenance, reflétant à la fois des craintes et des attentes. Bien que Martin de la Soudière ait admis ne pas l'aimer, cette archive montre comment le vent, par sa présence constante, incarne peut-être l'essence même du monde naturel. Les échanges révèlent la complexité des perceptions humaines face aux éléments météorologiques, où la science et la culture se croisent.

Météosensibilité et canicule

En 2003, après une canicule historique, Martin de la Soudière a participé à l'émission Le grand jeu du climat dans Les Chemins de la connaissance. Il y a introduit le concept de météosensibilité, désignant la sensibilité de l'humeur aux conditions météorologiques. Selon lui, cette sensibilité varie selon les individus, les groupes sociaux et les régions, rendant les expressions comme le beau temps ou le mauvais temps relatives. Bien qu'il ait exprimé une angoisse personnelle face à la chaleur, il a rappelé que ces catégories sont subjectives et dépendent des contextes culturels et géographiques. Cette archive illustre son approche nuancée des phénomènes climatiques, loin des généralisations.

Ce que ça pourrait changer

Cette rétrospective radiophonique, proposée par Antoine Dhulster dans *Les Nuits de France Culture*, rend hommage à Martin de la Soudière en compilant des archives diffusées entre les années 1980 et 2010. Le programme inclut des émissions comme *Agora*, *Sur les Docks*, *Les Nuits magnétiques* et *Microclimats*, où il a partagé ses connaissances avec des personnalités comme Gilles Lapouge, Jean Jouzel ou Daniel Parrochia. L'émission a été réalisée par Emily Vallat et coordonnée techniquement par Hassane M'Béchour. Un numéro spécial de la revue *La Grande Oreille* (n°103, juillet 2026) lui est également consacré, avec un article de 25 pages. Ces hommages soulignent l'importance de son travail pour comprendre les liens entre nature, culture et société.

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