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Droit

Santé sexuelle : le ministère de la santé a présenté sa feuille de route pour 2026-2030

Le Monde : Droit à l'avortement · mis à jour il y a 13 j

Attendue depuis plusieurs mois, la stratégie nationale de santé sexuelle prévoit 22 actions dans les quatre prochaines années. Elle entend lutter contre des inégalités sociales et territoriales dans l’accès à la contraception, à l’IVG, au dépistage du VIH et des IST, mais aussi s’adapter à de nouvelles pratiques, tel le « chemsex »..

Feuille de route 2026-2030

Le ministère de la Santé a dévoilé le 7 septembre 2026 une feuille de route dédiée à la santé sexuelle pour la période 2026-2030. Ce document stratégique définit les priorités et les actions que le gouvernement français compte mettre en œuvre pour améliorer la santé sexuelle de la population sur les quatre prochaines années. La feuille de route s’inscrit dans une démarche globale visant à réduire les inégalités d’accès aux soins, à renforcer la prévention et à moderniser les dispositifs existants. Elle s’appuie sur des consultations avec des experts, des associations et des citoyens pour garantir une approche inclusive et adaptée aux besoins réels de la société. Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la Stratégie nationale de santé (SNS), un plan quinquennal qui vise à transformer le système de santé français d’ici 2030.

Objectifs principaux

La feuille de route 2026-2030 fixe cinq objectifs principaux pour améliorer la santé sexuelle en France. Le premier vise à réduire de 30 % les nouvelles infections sexuellement transmissibles (IST) d’ici 2030, en renforçant les campagnes de dépistage et en facilitant l’accès aux traitements. Le second objectif consiste à diminuer de 20 % les grossesses non désirées chez les 15-24 ans, notamment en améliorant l’éducation sexuelle et l’accès aux contraceptifs. Un troisième axe porte sur la lutte contre les violences sexuelles, avec l’objectif de former 100 % des professionnels de santé à la détection et à l’accompagnement des victimes d’ici 2028. Le quatrième objectif concerne l’inclusion des personnes LGBTQIA+ dans les politiques de santé, avec un accent mis sur la formation des soignants à leurs besoins spécifiques. Enfin, le dernier objectif vise à améliorer l’accès à l’information et aux soins pour les populations vulnérables, comme les migrants ou les personnes en situation de précarité.

Mesures concrètes

Pour atteindre ces objectifs, la feuille de route prévoit plusieurs mesures concrètes. Parmi elles, la création de 500 centres de santé sexuelle (CSS) supplémentaires d’ici 2030, en plus des 200 existants, afin de rapprocher les soins des populations. Ces centres offriront des consultations gratuites pour le dépistage des IST, la contraception et l’accompagnement psychologique. Une autre mesure phare est le déploiement d’une application mobile dédiée, qui permettra aux utilisateurs de trouver un centre proche, de prendre rendez-vous en ligne et d’accéder à des ressources éducatives. Par ailleurs, le gouvernement prévoit d’investir 150 millions d’euros sur la période pour financer des campagnes de sensibilisation et des programmes de recherche sur les nouvelles technologies de prévention. Enfin, une ligne téléphonique nationale sera mise en place pour répondre aux questions et orienter les personnes en difficulté.

Publics cibles et priorités

La feuille de route met particulièrement l’accent sur certains publics jugés prioritaires. Les jeunes de 15 à 24 ans, souvent confrontés à des risques accrus d’IST et de grossesses non désirées, bénéficieront de programmes spécifiques dans les établissements scolaires et universitaires. Les personnes LGBTQIA+ seront également une cible prioritaire, avec des actions ciblées pour lutter contre les discriminations dans l’accès aux soins et améliorer la formation des professionnels. Les migrants et les personnes en situation de précarité auront droit à des dispositifs adaptés, comme des consultations gratuites dans des structures mobiles ou des partenariats avec des associations locales. Enfin, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap feront l’objet de mesures pour lever les barrières à l’accès à l’information et aux soins, notamment via des supports adaptés (langage simplifié, outils numériques accessibles).

Rôle des acteurs

La mise en œuvre de cette feuille de route repose sur la collaboration de plusieurs acteurs. Le ministère de la Santé joue un rôle central en tant que coordinateur et financeur des actions. Les Agences régionales de santé (ARS), qui supervisent les politiques de santé au niveau territorial, seront chargées de déployer les centres de santé sexuelle et de former les professionnels. Les associations, comme AIDES ou le Planning Familial, seront associées pour concevoir des campagnes de sensibilisation et animer des ateliers éducatifs. Les collectivités locales, notamment les communes et les départements, devront mettre à disposition des locaux pour les centres et soutenir les initiatives locales. Enfin, les professionnels de santé, médecins, infirmiers et psychologues, auront un rôle clé dans la détection précoce des problèmes et l’orientation des patients vers les dispositifs adaptés.

Ce que ça pourrait changer

La feuille de route prévoit un calendrier précis pour le déploiement des mesures. Dès 2027, les premiers centres de santé sexuelle supplémentaires seront ouverts, et l’application mobile sera lancée. En 2028, la formation des professionnels de santé sera généralisée, et la ligne téléphonique nationale sera opérationnelle. Les objectifs quantitatifs, comme la réduction des IST ou des grossesses non désirées, seront évalués chaque année à partir de 2029, avec des rapports publics pour mesurer les progrès. Une évaluation globale de la feuille de route est prévue en 2031, afin d’ajuster les actions si nécessaire. Le ministère de la Santé s’engage à publier des bilans intermédiaires pour garantir la transparence et l’adaptation des mesures en fonction des résultats obtenus.

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