Tiff Macklem met en garde contre une résilience mondiale «mise à rude épreuve»
Les prix élevés de l’énergie à l’échelle mondiale vont faire grimper l’inflation au niveau national, prévient-il..
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse à Bangkok le 3 septembre 2026. Il a mis en garde contre une résilience mondiale de plus en plus fragilisée par des chocs économiques persistants. Ce terme désigne la capacité des économies à absorber les crises sans s’effondrer. Selon lui, cette résilience est « mise à rude épreuve » par des facteurs comme les conflits en Iran et en Ukraine, les perturbations des échanges commerciaux et la hausse des coûts d’emprunt, liée à l’augmentation des rendements des obligations d’État. Ces rendements reflètent le taux d’intérêt que les États doivent payer pour emprunter. Macklem a souligné que cette situation pourrait entraîner une hausse de l’inflation au Canada, un phénomène où les prix augmentent de manière généralisée et durable.
L’un des principaux moteurs de cette inflation potentielle est la flambée des prix de l’énergie à l’échelle mondiale. Tiff Macklem a expliqué que des conflits comme la guerre au Moyen-Orient, notamment les attaques des Houthistes contre l’Arabie saoudite, perturbent l’approvisionnement en pétrole. Ces tensions ont des répercussions directes sur les prix payés par les Canadiens, que ce soit pour l’essence, le diesel ou le fioul domestique. Le gouverneur a également mentionné que certaines solutions temporaires, comme la libération des réserves stratégiques de pétrole, s’épuisent. Ces réserves sont des stocks de pétrole maintenus par les États pour faire face à des crises. Leur utilisation répétée n’est pas une solution durable, car elles ne peuvent être mobilisées qu’un nombre limité de fois. Par ailleurs, les dommages subis par les capacités de raffinage dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique, aggravent la situation.
Au Canada, l’inflation s’est maintenue à 3 % pendant deux mois consécutifs, un niveau supérieur à l’objectif de 2 % fixé par la Banque du Canada. Cet objectif vise à stabiliser les prix et à soutenir la croissance économique. Macklem a indiqué que les prochaines prévisions de la Banque, publiées le 28 octobre 2026, devraient montrer une inflation « nettement plus élevée » que celle anticipée en juillet. À cette date, la Banque tablait sur un ralentissement de l’inflation à environ 2,5 % au second semestre de 2026. Pour évaluer l’impact des tensions mondiales sur les prix au Canada, la Banque attendra le rapport sur l’inflation de septembre, publié par Statistique Canada le 7 octobre. Ce rapport fournit une mesure officielle de l’évolution des prix à la consommation.
La Banque du Canada ajuste son taux directeur pour contrôler l’inflation. Ce taux influence le coût des prêts pour les ménages et les entreprises. Jusqu’à présent, la Banque a choisi de ne pas réagir aux effets inflationnistes à court terme liés aux conflits, comme la guerre en Iran. Cependant, Macklem a clairement indiqué que la Banque surveille de près la situation et est prête à augmenter son taux directeur si elle constate que l’inflation risque de s’écarter durablement de son objectif. Il a résumé cette réflexion par une question : l’inflation reviendra-t-elle naturellement vers 2 %, ou faudra-t-il agir en augmentant les taux pour la freiner ? Une hausse des taux pourrait ralentir l’économie et réduire la demande, ce qui atténuerait les pressions inflationnistes.
Malgré les défis, Tiff Macklem a exprimé une certaine confiance dans la capacité du Canada à surmonter ces turbulences. Il a souligné que la stabilité relative du dollar canadien par rapport au dollar américain reflète une perception positive de l’économie canadienne à l’étranger. Cette stabilité est attribuée à la bonne gouvernance du pays et à sa réputation de partenaire économique fiable. Macklem a également noté des signes de reprise et d’investissements, ainsi qu’une adaptation des entreprises à l’incertitude liée aux droits de douane américains. Ces droits de douane sont des taxes imposées par les États-Unis sur les importations en provenance d’autres pays, ce qui peut perturber les échanges commerciaux.

