«Le Québec est au centre de la transformation de l’économie», dit Eric Girard à Toronto
Le ministre des Finances du Québec participe au Sommet canadien de l’investissement du premier ministre Carney..
Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a participé à un sommet économique à Toronto le 15 septembre 2026 pour promouvoir le Québec comme acteur central de la transformation de l’économie canadienne. Lors d’une entrevue téléphonique, il a souligné les atouts de la province : un secteur manufacturier développé, une énergie propre, une expertise en défense, ainsi que des ressources en minéraux critiques et stratégiques. Ces secteurs sont considérés comme des leviers pour moderniser l’économie québécoise et canadienne. Le ministre a également mentionné que ces domaines nécessitent des investissements massifs, estimés à des milliards de dollars, pour être pleinement exploités. Le Québec se positionne ainsi comme un territoire attractif pour les investisseurs étrangers et nationaux.
Le sommet organisé à Toronto, appelé Sommet canadien de l’investissement, a réuni des centaines de dirigeants d’entreprises, d’institutions financières, de gouvernements et d’investisseurs étrangers. Parmi les participants figuraient des entreprises québécoises majeures comme Bombardier, le groupe Desjardins et Rio Tinto, ainsi que des acteurs publics comme Hydro-Québec et La Caisse. Le premier ministre fédéral, Mark Carney, et le ministre Girard ont déploré un déficit d’investissements privés au Canada et au Québec, un problème qui persiste depuis avant les tensions commerciales actuelles et le retour de Donald Trump à la présidence américaine. L’objectif de l’événement était de mobiliser des capitaux privés et étrangers pour financer des projets économiques majeurs, souvent intensifs en capital, c’est-à-dire nécessitant des sommes très importantes.
Le gouvernement du Québec joue un rôle de catalyseur dans cette dynamique économique, selon Eric Girard. Cela signifie qu’il est prêt à investir des fonds publics pour initier des projets, mais en limitant son intervention pour éviter de prendre trop de risques. Le ministre a expliqué que ces projets, bien que porteurs pour l’économie québécoise, sont risqués et nécessitent une participation accrue des capitaux privés et étrangers. Ces derniers doivent assumer la majorité des risques financiers, tandis que l’État québécois intervient de manière limitée et diversifiée. L’enjeu est de taille, car ces projets pourraient transformer l’économie régionale, mais leur succès dépendra en grande partie de l’engagement des investisseurs privés.
Parmi les investisseurs étrangers présents au sommet figuraient des acteurs majeurs comme BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde. Ce type d’entreprise gère des fonds pour des clients institutionnels ou privés et influence les marchés financiers à l’échelle mondiale. Leur présence est cruciale, car ils peuvent mobiliser des capitaux colossaux pour financer des projets canadiens et québécois. Cependant, ces investisseurs hésitent parfois à s’engager en raison de l’incertitude des prix futurs, qui rend difficile l’évaluation de la rentabilité des projets. Par exemple, les projets énergétiques ou miniers nécessitent des prévisions sur les cours des matières premières, souvent volatils, ce qui complexifie leur financement.
Plusieurs figures clés du Québec ont participé au sommet, reflétant l’importance de la province dans l’économie canadienne. Claudine Bouchard, dirigeante d’Hydro-Québec, une société d’État spécialisée dans la production et la distribution d’électricité, était présente. De même, Charles Émond, président et chef de la direction de La Caisse de dépôt et placement du Québec, un fonds d’investissement public majeur, a assisté à l’événement. Rio Tinto, un géant mondial de l’aluminium avec des activités au Saguenay-Lac-Saint-Jean, était représenté par Dominic Barton, président du conseil d’administration et ancien dirigeant de McKinsey. Barton est également impliqué dans Investir au Canada, une initiative gouvernementale visant à attirer des investissements privés pour des projets nationaux.
Eric Girard a indiqué qu’il faudrait attendre deux ans pour évaluer si le sommet a atteint ses objectifs. Bien que l’événement ait réussi à rassembler des investisseurs de renom mondial, son succès dépendra de la concrétisation des projets présentés. Le ministre a comparé cet événement à un sommet similaire organisé par l’ex-premier ministre Justin Trudeau en février 2025 à Toronto, mais a souligné qu’il s’agissait d’une première en termes de mobilisation d’investisseurs aussi influents. L’enjeu est de transformer ces rencontres en actions concrètes, notamment en attirant des financements privés pour des projets économiques majeurs au Québec et au Canada.

