«Le Québec est au centre de la transformation de l’économie», dit Eric Girard à Toronto
Alors que le Canada peine à attirer suffisamment d’investissements privés pour financer sa transition économique, le Québec se positionne comme un acteur clé grâce à ses secteurs stratégiques — manufacturier, énergies propres, minéraux critiques et défense. Le ministre des Finances Éric Girard, en déplacement à Toronto pour un sommet dédié à la mobilisation de capitaux étrangers, défend une approche où l’État jouerait un rôle de catalyseur, sans se substituer aux risques portés par le secteur privé. Mais derrière l’enthousiasme affiché, la question de l’efficacité réelle de tels événements et de leur capacité à lever des milliards en incertitude reste entière.
Quels secteurs économiques le Québec met-il en avant pour séduire les investisseurs étrangers ?
Le ministre Girard insiste sur quatre piliers : un secteur manufacturier robuste, une énergie propre compétitive, une expertise en défense et la présence de minéraux critiques et stratégiques, des domaines où la province dispose d’un avantage comparatif et d’une expertise reconnue.
Qui sont les principaux acteurs mobilisés autour de ce sommet et quel rôle jouent-ils ?
Outre le gouvernement québécois, des géants comme Bombardier, Desjardins, Rio Tinto (représenté par son président Dominic Barton, également président d’Investir au Canada), Hydro-Québec (dirigée par Claudine Bouchard) et La Caisse (avec Charles Émond) sont présents. Leur participation reflète à la fois l’attractivité des projets québécois et la volonté de l’État de s’appuyer sur des partenaires privés pour partager les risques.
Pourquoi le gouvernement du Québec se présente-t-il comme un « catalyseur » plutôt qu’un financeur direct des projets ?
Éric Girard souligne que l’État doit limiter son intervention pour éviter de prendre en charge la majorité des risques liés à des projets intensifs en capital et marqués par une forte incertitude sur les prix futurs. L’objectif est d’inciter les investisseurs privés et étrangers à s’engager, tout en garantissant un cadre stable et attractif pour leurs capitaux.
Quel bilan est attendu de ce sommet après deux ans et en quoi diffère-t-il d’initiatives précédentes ?
Le ministre Girard estime qu’il faudra attendre deux ans pour évaluer son succès, tout en se félicitant d’avoir réussi à rassembler des investisseurs de premier plan comme BlackRock, un acteur mondial incontournable. Contrairement au Sommet Canada-États-Unis organisé en 2025 par Justin Trudeau, cet événement mise davantage sur la diversité des projets et la présence de capitaux étrangers, plutôt que sur une approche bilatérale.
Ce que ça pourrait changer
Si ce sommet parvient à lever les milliards nécessaires, il pourrait accélérer des projets structurants pour le Québec, mais son succès dépendra de la capacité des investisseurs à surmonter leur réticence face à l’incertitude économique. À plus long terme, cette stratégie pourrait redéfinir le rôle de l’État québécois, passant d’un acteur central à un facilitateur, tout en testant la résilience des secteurs ciblés face à une concurrence internationale accrue.

