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Culture

Présidentielle au Brésil : le cinéma monte au front contre l’extrême droite

Trois Couleurs · mis à jour il y a 17 j

Dans une lettre ouverte, plusieurs grands noms du cinéma brésilien, dont Kleber Mendonça Filho et Wagner Moura, alertent sur une possible victoire de Flávio Bolsonaro lors de l’élection présidentielle du 25 octobre. Le candidat d’extrême droite menace selon eux l’industrie culturelle et la démocratie tout entière..

Lettre ouverte des cinéastes

Le 10 octobre 2026, une lettre ouverte signée par plusieurs figures majeures du cinéma brésilien, dont les réalisateurs Kleber Mendonça Filho et Karim Aïnouz, ainsi que l’acteur Wagner Moura, a été publiée dans le magazine américain Variety. Ces professionnels alertent la communauté internationale sur les risques liés à l’élection présidentielle brésilienne du 25 octobre, opposant le président sortant Lula à Flávio Bolsonaro, candidat d’extrême droite. La lettre souligne que la victoire de ce dernier représenterait une menace pour l’industrie culturelle et les institutions démocratiques du pays. Les signataires appellent à une vigilance accrue lors du second tour, dans un contexte électoral où les intentions de vote sont très serrées.

Contexte politique brésilien

Le Brésil organise sa présidentielle le 25 octobre 2026, avec un second tour opposant Lula, président sortant, à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien chef d’État Jair Bolsonaro, actuellement condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Flávio Bolsonaro a obtenu 47,03 % des voix au premier tour, contre 45,16 % pour Lula. Son programme prévoit une réduction drastique des subventions culturelles, comme l’a fait son père entre 2019 et 2023, où il avait diminué de 43 % les budgets de l’agence nationale du cinéma et du Fonds pour le secteur audiovisuel. Une telle politique pourrait fragiliser l’industrie du cinéma brésilien, qui a connu un essor international ces dernières années, notamment grâce aux politiques culturelles de Lula.

Menace sur le cinéma

Le cinéma brésilien a récemment remporté des prix prestigieux, comme Je suis toujours là de Walter Salles, sacré meilleur film étranger aux Oscars 2026, ou encore les récompenses de Wagner Moura à Cannes 2025. Cette réussite est en partie attribuée aux politiques culturelles volontaristes de Lula. Cependant, Flávio Bolsonaro menace de supprimer ces soutiens financiers, ce qui pourrait étouffer la création artistique. Par ailleurs, il est lui-même impliqué dans une affaire de détournement de fonds publics : il aurait utilisé une partie de ses indemnités parlementaires pour financer Dark Horse, un biopic en anglais à la gloire de son père. Ce film, réalisé par Cyrus Nowrasteh et avec Jim Caviezel, s’inscrit dans un cinéma évangélique américain ultra-conservateur.

Ingérences étrangères

Les signataires de la lettre ouverte dénoncent également des ingérences étrangères dans le processus électoral brésilien. Selon une enquête du Guardian, l’administration Trump aux États-Unis aurait détourné un million de dollars de fonds du Département d’État américain, normalement destinés à la défense des droits humains, pour financer des groupes anti-communistes, anti-immigration ou favorables aux minorités blanches en Afrique. Une partie de ces fonds aurait été utilisée pour affaiblir la Cour suprême brésilienne, qui a condamné Jair Bolsonaro. Par ailleurs, le groupe Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, est soupçonné d’entraver la diffusion de contenus politiques favorables à Lula, bien que l’entreprise nie ces accusations en invoquant des problèmes techniques.

Ce que ça pourrait changer

Face à ce contexte, les cinéastes brésiliens appellent la presse internationale à couvrir rigoureusement l’élection présidentielle et les institutions concernées à enquêter de manière indépendante sur les soupçons d’ingérences. Ils soulignent que la protection de la liberté d’expression et la viabilité de l’industrie audiovisuelle sont indissociables de la défense de la démocratie brésilienne. Leur lettre met en lumière les risques d’un retour en arrière pour le pays, après les années Bolsonaro, et l’importance de préserver les avancées culturelles et démocratiques obtenues sous le mandat de Lula.

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