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Géopolitique

Trois morts et onze blessés à Toronto, “devenue sourde au vacarme de la violence”

Courrier International · mis à jour il y a 24 j

Un festival annulé, une population secouée : la métropole canadienne vient de vivre un week-end ponctué par plusieurs fusillades meurtrières, qui inquiètent le “Toronto Star”. Pour une chroniqueuse du quotidien, qui revient en détail sur ces événements, le retour “à une époque d’innocence” semble impossible..

Un week-end meurtrier

Toronto a connu un week-end particulièrement violent les 10, 11 et 12 juillet 2026, marqué par trois fusillades distinctes ayant causé la mort de trois personnes et blessé onze autres. Le samedi 10 juillet, un homme a été tué et deux autres blessés lors d'une fusillade devant un complexe résidentiel de North York, un quartier de Toronto. Le dimanche 12 juillet, deux personnes ont été tuées par balle dans le centre-ville, entraînant l'annulation de la seconde journée du festival Salsa on St. Clair, le plus grand festival latino du Canada. Le même jour, cinq autres personnes ont été blessées dans une fusillade dans le secteur de Port Lands, une zone industrielle de la ville. Ces événements illustrent une escalade de la violence dans une métropole canadienne généralement perçue comme sûre.

Toronto habituée à la violence

Selon la chroniqueuse Rosie DiManno du Toronto Star, Toronto est désormais « devenue sourde au vacarme incessant de la violence », une situation qui contraste avec son image d'une ville paisible. La journaliste souligne que ce week-end n'est pas le pire qu'ait connu la ville : en août 2019, 17 personnes avaient été blessées dans 14 incidents distincts en 72 heures, et en 2024, trois meurtres avaient été commis lors du week-end de la fête du Travail. Elle décrit une métropole où les règlements de compte entre gangs, les cambriolages et les fusillades sont devenus des réalités quasi quotidiennes, au point que la population semble s'y être habituée.

Causes de la criminalité

Le journaliste Edward Keenan du Toronto Star identifie plusieurs facteurs expliquant l'augmentation de la criminalité à Toronto. Parmi eux, il cite d'abord l'offre et la disponibilité des armes à feu, dont une grande partie est introduite clandestinement depuis les États-Unis, où les lois sur les armes sont moins strictes. Il mentionne également le manque de programmes de réinsertion pour les jeunes, qui les expose davantage à la criminalité organisée. Enfin, il évoque les réseaux criminels organisés qui financent et commanditent les fusillades, souvent liées à des règlements de comptes entre gangs. Ces réseaux exploitent des failles dans le système judiciaire et social pour prospérer.

Débat sur la sécurité

Face à cette situation, Edward Keenan propose une solution pour limiter les risques lors des événements publics : délocaliser les festivals de rue dans des espaces délimités et contrôlés, où la sécurité pourrait être mieux assurée. Cette proposition s'inscrit dans un débat plus large sur la gestion de la criminalité à Toronto, où le nombre d'homicides en 2026 s'élève déjà à treize au mois de juillet. Le Toronto Star souligne que ces fusillades relancent également le débat sur le contrôle des armes au Canada, un sujet récurrent depuis des années. La question reste ouverte : comment concilier liberté de circulation et sécurité publique dans une grande ville ?

Ce que ça pourrait changer

L'article du *Toronto Star* s'inscrit dans un contexte national marqué par d'autres affaires de violence. Par exemple, le même week-end, une fusillade à Montréal a fait trois morts, sous le titre « La haine des femmes a encore tué ». Ces événements rappellent que la violence par arme à feu n'est pas un problème isolé à Toronto, mais une tendance qui touche plusieurs grandes villes canadiennes. Ils soulèvent des questions sur les politiques publiques en matière de sécurité, de prévention de la criminalité et de protection des populations vulnérables, notamment les femmes.

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