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Environnement

Mercure : la pollution pourrait s'aggraver à cause du changement climatique

Reporterre · mis à jour il y a 28 j

La pollution au mercure est dangereuse pour la santé des humains et des écosystèmes car cet élément s'accumule dans l'organisme. Nous vivons, pour cette raison, dans un monde où il est déconseillé de manger des poissons prédateurs sauvages (thons, dorades...) plus d'une fois par semaine, car ils sont contaminés au mercure.

Mercure, métal toxique

Le mercure est un métal lourd naturellement présent dans l'environnement, mais extrêmement toxique pour les humains et les écosystèmes, même à faible dose. Il se trouve sous différentes formes : le mercure élémentaire (ou quicksilver), un liquide argenté utilisé autrefois dans les thermomètres, et le mercure organique, comme le méthylmercure, une substance encore plus dangereuse car elle s'accumule dans les organismes vivants. Le mercure organique se forme lorsque le mercure inorganique, rejeté dans l'air ou l'eau par des activités industrielles ou naturelles, est transformé par des bactéries. Une fois ingéré par les poissons ou les mammifères marins, il s'accumule dans leur chair et peut atteindre des concentrations dangereuses pour les consommateurs, comme les humains. En France, la consommation de poissons gras comme le thon ou l'espadon est régulièrement déconseillée aux femmes enceintes en raison de cette pollution.

Changement climatique aggravant

Le changement climatique pourrait aggraver la pollution au mercure selon une étude récente. En effet, les scientifiques observent que les émissions de mercure dans l'atmosphère, principalement issues de la combustion du charbon, des mines d'or artisanales ou de l'incinération des déchets, devraient augmenter avec le réchauffement. Cela s'explique par deux mécanismes principaux. D'une part, la fonte du permafrost (sol gelé en permanence) en Arctique libérerait d'importantes quantités de mercure piégées depuis des millénaires. D'autre part, les incendies de forêt, plus fréquents et intenses avec le climat, remettraient en circulation du mercure stocké dans les sols et la végétation. Ces phénomènes pourraient ajouter entre 10 et 20 % de mercure supplémentaire dans l'environnement d'ici 2100, selon les projections.

Risques pour la santé

L'exposition au mercure, même à faible dose, représente un risque majeur pour la santé humaine, en particulier pour le développement du cerveau des fœtus et des jeunes enfants. Le mercure organique, comme le méthylmercure, perturbe le système nerveux et peut causer des troubles de l'apprentissage, des problèmes de mémoire ou des retards psychomoteurs. Les populations les plus vulnérables sont celles qui consomment régulièrement des poissons contaminés, notamment dans les régions arctiques où les régimes alimentaires dépendent fortement de la chasse et de la pêche. En Europe, les autorités sanitaires recommandent de limiter la consommation de poissons prédateurs (comme le thon ou le requin) à une fois par semaine pour les adultes et à une fois toutes les deux semaines pour les femmes enceintes.

Sources industrielles persistantes

Malgré les réglementations internationales, comme la Convention de Minamata signée en 2013 pour réduire les émissions de mercure, certaines industries continuent de rejeter ce métal dans l'environnement. Les centrales à charbon, responsables de près de 25 % des émissions mondiales de mercure, restent un problème majeur, notamment en Asie. Les mines d'or artisanales, qui utilisent du mercure pour extraire l'or, émettent également d'importantes quantités de ce polluant, avec des conséquences dramatiques pour les travailleurs et les populations locales. En France, les émissions industrielles ont diminué grâce aux normes environnementales, mais les dépôts historiques de mercure dans les sols et les sédiments continuent de contaminer les écosystèmes, notamment dans les zones minières ou industrielles.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter l'impact du mercure, plusieurs solutions existent, mais leur mise en œuvre reste complexe. La réduction des émissions industrielles, notamment en remplaçant le charbon par des énergies renouvelables, est une priorité. La *Convention de Minamata* impose aux pays signataires de réduire leurs émissions et de gérer les déchets contenant du mercure, mais son application varie selon les États. Des alternatives existent aussi pour les mines d'or artisanales, comme l'utilisation de techniques sans mercure, mais elles sont coûteuses et peu accessibles aux petits exploitants. Enfin, la surveillance des niveaux de mercure dans l'environnement et les aliments reste insuffisante dans de nombreux pays, ce qui rend difficile l'évaluation précise des risques pour la santé publique.

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