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Environnement

Groenland : une compagnie pétrolière liée à Trump se prépare à forer sans autorisation

Reporterre · mis à jour il y a 23 j

La société texane Greenland Energy a acheminé du matériel de forage sur la côte est du Groenland sans avoir obtenu le feu vert des autorités locales, révèle le Guardian. Le gouvernement groenlandais a émis le 30 juillet un « avertissement ferme » à l'encontre de l'entreprise, lui rappelant que toute opération logistique devait être préalablement approuvée par l'autorité compétente en matière de ressources minérales.

Forage illégal au Groenland

Une entreprise pétrolière américaine, Arctic Gateway Group, liée à l'ancien président des États-Unis Donald Trump, a commencé à acheminer du matériel de forage vers le Groenland sans avoir obtenu les autorisations nécessaires. Cette société, basée au Texas, est spécialisée dans l'exploration de ressources naturelles dans des zones polaires. Le Groenland, territoire autonome danois, est une île recouverte à 80 % de glace, riche en ressources naturelles comme le pétrole, le gaz et des minerais. Les autorités locales n'ont pas encore donné leur feu vert pour ces opérations, ce qui rend la démarche de l'entreprise illégale. Des activistes et des scientifiques alertent sur les risques environnementaux d'un tel projet, notamment la pollution des écosystèmes fragiles et la fonte accélérée des glaces.

Lien avec Donald Trump

L'entreprise Arctic Gateway Group est dirigée par des figures proches de Donald Trump, notamment son ancien conseiller économique Larry Kudlow et son gendre Jared Kushner, tous deux impliqués dans des projets économiques liés à l'administration Trump. Bien que Trump ne soit plus président depuis 2021, ses soutiens continuent de jouer un rôle dans des initiatives économiques, y compris dans des secteurs controversés comme l'exploitation pétrolière. Cette connexion soulève des questions sur l'influence de l'ancien président sur des projets industriels à l'étranger, alors que son mandat a été marqué par des politiques favorables aux énergies fossiles. Aucune déclaration officielle n'a été faite par Trump ou ses associés concernant ce projet spécifique.

Risques environnementaux

Le Groenland est un territoire extrêmement sensible aux activités industrielles en raison de sa biodiversité unique et de sa couverture glaciaire. Un forage pétrolier pourrait entraîner des marées noires, une pollution des sols et des eaux, ainsi qu'une accélération de la fonte des glaces, contribuant ainsi au changement climatique. Les scientifiques estiment que la région abrite des écosystèmes marins et terrestres encore peu étudiés, dont la perturbation pourrait avoir des conséquences irréversibles. De plus, les infrastructures nécessaires pour extraire le pétrole, comme les routes ou les pipelines, pourraient endommager des habitats naturels déjà fragilisés par le réchauffement climatique. Les autorités groenlandaises, conscientes de ces enjeux, ont jusqu'à présent limité les activités d'exploration pétrolière.

Réactions locales et internationales

Les autorités du Groenland, bien que dépendantes du Danemark pour les questions de politique étrangère, ont le pouvoir de réguler les activités économiques sur leur territoire. Jusqu'à présent, elles ont adopté une approche prudente en matière d'exploitation pétrolière, en partie à cause des pressions des communautés locales et des organisations environnementales. Des manifestations et des pétitions ont déjà été organisées pour s'opposer à ce projet. À l'international, des ONG comme Greenpeace ou Reuters ont dénoncé cette initiative, soulignant l'incompatibilité entre l'exploitation des énergies fossiles et les objectifs climatiques mondiaux. Le Danemark, en tant que puissance tutélaire, pourrait jouer un rôle clé dans la régulation de ce projet.

Ce que ça pourrait changer

Le Groenland suscite un intérêt croissant pour ses ressources naturelles, notamment depuis la fonte des glaces qui rend certaines zones plus accessibles. Le pays mise sur le développement de mines et d'autres industries pour réduire sa dépendance financière au Danemark, qui lui verse une subvention annuelle d'environ 500 millions d'euros. Cependant, cette stratégie économique est controversée, car elle pourrait compromettre les engagements environnementaux du Groenland, qui vise une réduction de 70 % de ses émissions de CO₂ d'ici 2030. Par ailleurs, la présence d'entreprises étrangères, comme *Arctic Gateway Group*, soulève des questions sur la souveraineté du Groenland et son alignement avec les intérêts géopolitiques du Danemark, des États-Unis ou de la Chine, qui investit également dans les ressources minières de l'île.

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