Des épis d'épeautre vieux de 3 000 ans découverts intacts dans un lac italien : une découverte sous-marine d'archéologues
Sur la terre ferme, le bois et les graines pourrissent en quelques saisons. Au fond d'un lac italien, ils traversent les millénaires sans une ride.
Des archéologues ont découvert des épis d'épeautre vieux de 3 000 ans dans un lac italien, une trouvaille considérée comme exceptionnelle. L'épeautre est une céréale ancienne, ancêtre du blé moderne, souvent cultivée dans les sociétés préhistoriques et antiques. Ces épis ont été retrouvés intacts sous l'eau, ce qui a permis leur conservation exceptionnelle. La découverte a été réalisée dans le lac de Ledro, situé dans le nord de l'Italie, une région connue pour ses sites archéologiques subaquatiques. Les chercheurs estiment que ces épis datent de l'âge du bronze, une période s'étendant approximativement de 2 200 à 800 av. J.-C., marquée par l'émergence de sociétés plus organisées et de techniques agricoles avancées. Cette trouvaille offre une fenêtre unique sur les pratiques agricoles et l'alimentation des populations de cette époque.
La conservation de ces épis est rendue possible par leur immersion prolongée dans l'eau du lac. L'absence d'oxygène sous la surface limite la dégradation des matières organiques, comme les graines ou les végétaux, en ralentissant l'action des micro-organismes responsables de leur pourriture. Ce phénomène, appelé anaérobiose, préserve les structures fragiles comme les épis d'épeautre. Les archéologues soulignent que ce type de découverte est rare, car les vestiges végétaux se dégradent généralement rapidement une fois exposés à l'air libre. Le lac de Ledro, avec ses eaux froides et peu oxygénées, constitue un milieu idéal pour ce type de préservation. Cette méthode de conservation naturelle permet aux chercheurs d'étudier des échantillons quasi intacts, offrant des informations précieuses sur les variétés de céréales cultivées il y a trois millénaires.
Cette découverte apporte des éclairages nouveaux sur les techniques agricoles de l'âge du bronze en Europe. L'épeautre, céréale résistante et nutritive, était probablement un aliment de base pour les populations de cette époque. Les épis retrouvés pourraient appartenir à des variétés aujourd'hui disparues ou différentes de celles cultivées actuellement. Les chercheurs espèrent analyser leur ADN pour retracer leur histoire génétique et comprendre comment cette plante s'est répandue en Europe. De plus, cette trouvaille confirme l'importance des lacs et des zones humides dans la préservation des vestiges archéologiques. Elle illustre aussi comment les changements climatiques ou environnementaux, comme la montée des eaux, ont pu protéger ces traces du passé. Enfin, elle met en lumière le rôle des archéologues subaquatiques, spécialistes de l'exploration des sites immergés.
Le lac de Ledro, situé dans la région du Trentin-Haut-Adige, est un site archéologique majeur en Italie. Il est entouré de montagnes et a été occupé par des populations dès la préhistoire. Les vestiges découverts sous ses eaux incluent des outils, des poteries et désormais des épis d'épeautre, témoignant d'une activité humaine intense il y a 3 000 ans. Cette région, frontalière avec l'Autriche, était un carrefour culturel et commercial à l'âge du bronze. Les découvertes réalisées dans ce lac s'inscrivent dans un contexte plus large de recherches archéologiques subaquatiques en Europe, où les lacs alpins et les zones côtières offrent des conditions uniques pour la préservation des vestiges organiques. Ces sites permettent aux scientifiques de reconstituer les modes de vie des sociétés anciennes avec une précision inédite.
Les archéologues prévoient d'étudier plus en détail les épis d'épeautre découverts pour en extraire des informations sur leur génétique, leur morphologie et leur composition. Des analyses en laboratoire permettront de déterminer si ces épis appartiennent à des variétés cultivées localement ou importées. Les chercheurs pourraient aussi comparer ces échantillons avec d'autres vestiges végétaux retrouvés en Europe pour retracer les routes commerciales et les échanges culturels de l'âge du bronze. Par ailleurs, cette découverte pourrait inciter à explorer davantage les fonds lacustres italiens et européens, où d'autres vestiges similaires pourraient attendre d'être découverts. Enfin, ces résultats pourraient enrichir les connaissances sur l'histoire de l'agriculture et de l'alimentation en Europe, offrant des pistes pour comprendre l'évolution des pratiques culturales jusqu'à nos jours.

