From Cornell to Canadian Hockey: How men learn to dehumanize women
The Cornell 7 case is not an isolated horror story. Elite fraternities, hockey teams, and other cultures of male entitlement teach men to treat women as objects — while powerful institutions shield themselves from accountability The post From Cornell to Canadian Hockey: How men learn to dehumanize women appeared first on Ricochet..
En 2024, sept membres de la fraternité Chi Phi de l’université Cornell (États-Unis) ont été accusés d’avoir violé collectivement une étudiante de 20 ans, surnommée Jane Doe. Les hommes ont utilisé un groupe Snapchat pour inviter d’autres membres à participer, avec des messages comme « shop still open ? » (« le magasin est encore ouvert ? ») ou « free pussy upstairs » (« du p’tit cul gratuit à l’étage »). En 2025, au Canada, cinq joueurs de hockey junior (Carter Hart, Alex Formenton, Cal Foote, Dillon Dubé et Michael McLeod) ont été accusés d’avoir violé collectivement une femme, E.M., après qu’elle ait consenti à avoir des relations sexuelles avec l’un d’eux. Ces deux affaires illustrent un phénomène récurrent : des hommes, souvent dans des institutions puissantes comme les fraternités ou les équipes sportives, utilisent des femmes comme objets de domination et de violence collective. Les deux victimes ont signalé des résistances actives (refus verbaux, gestes de recul), mais les hommes ont persisté, montrant une absence totale de considération pour leur autonomie.
Les institutions comme les fraternités ou les ligues sportives (hockey, football, etc.) créent des environnements où la violence envers les femmes est normalisée et même encouragée. Ces structures reposent sur des hiérarchies, des rites d’initiation et une culture de la domination masculine. Par exemple, les fraternités vendent un accès à des réseaux d’influence et de pouvoir, tandis que les ligues sportives exploitent la valeur marchande des athlètes, réduisant parfois leur corps à des données mesurables par des capteurs. Dans les deux cas, les femmes deviennent des objets de transaction ou de trophée pour renforcer la cohésion du groupe. Des études montrent que 22 des 24 viols collectifs documentés dans les universités américaines dans les années 1990 ont été commis par des membres de fraternités ou des athlètes. Ces violences servent aussi à tester la loyauté des membres, qui doivent prouver leur virilité en humiliant ou en dominant une femme.
La déshumanisation des femmes est un processus clé pour justifier les violences sexuelles. Dans les institutions comme Cornell ou le hockey canadien, les agresseurs ne voient plus leurs victimes comme des personnes, mais comme des objets interchangeables, voire comme une monnaie d’échange pour accéder à des privilèges (soirées, statut social). Le consentement, souvent mal compris, est au cœur du problème. Légalement, le consentement doit être volontaire, spécifique à chaque acte et révocable à tout moment. Pourtant, dans les faits, beaucoup d’hommes (29 % des étudiants universitaires interrogés en 2019 aux États-Unis et au Canada) considèrent que le fait d’avoir des relations sexuelles avec une femme sous l’emprise de drogues ou d’alcool ne constitue pas un viol, car la victime n’a pas « clairement refusé ». Les affaires Cornell et Hockey Canada montrent que même des signes évidents de non-consentement (dire « hell no », repousser un partenaire, se cacher sous une couverture) sont ignorés ou minimisés par les agresseurs et parfois par la justice.
Les lois sur le consentement varient selon les pays, mais elles restent souvent inadaptées. Aux États-Unis (État de New York), un viol nécessite une preuve de refus clair ou d’incapacité de la victime, tandis qu’au Canada, le consentement ne peut être donné si la personne est inconsciente. Pourtant, ces cadres juridiques ne reflètent pas la réalité des violences sexuelles. Dans l’affaire Cornell, le procureur a estimé qu’il n’y avait pas de preuve suffisante que Jane Doe ait clairement exprimé son refus, malgré ses tentatives de résistance. Dans l’affaire Hockey Canada, les cinq joueurs ont été acquittés en 2025, en partie parce que la victime avait enregistré des « vidéos de consentement » où elle souriait, ce qui a été interprété comme une preuve de son accord. Ces décisions judiciaires révèlent un biais systémique : les victimes sont jugées sur leur comportement pendant l’agression (devaient-elles crier ? pleurer ? résister physiquement ?) plutôt que sur les actes des agresseurs.
Les violences sexuelles dans les institutions comme les fraternités ou les équipes sportives sont rarement isolées. Elles s’inscrivent dans un système plus large où les femmes, surtout celles issues de milieux marginalisés (racisés, précaires, jeunes), sont doublement victimisées. Par exemple, en 2015, seulement un tiers des Canadiens connaissaient la définition légale du consentement. Des affaires comme celle de Chrystul Kizer (une adolescente noire condamnée pour avoir tué son proxénète adulte) ou celle d’une femme violée dans un taxi en Nouvelle-Écosse (2015) montrent comment la justice peut blâmer les victimes : un juge a estimé qu’une femme ivre pouvait consentir, ou qu’une personne sans-abri aurait dû « garder les genoux serrés ». Ces exemples illustrent une culture où la parole des femmes est systématiquement remise en question, et où les hommes violents bénéficient d’une impunité quasi totale, surtout dans les milieux aisés ou puissants.
La culture du viol désigne un ensemble de normes sociales qui normalisent, minimisent ou excusent les violences sexuelles. Dans les institutions comme Cornell ou le hockey canadien, cette culture se manifeste par des blagues dégradantes, des rites d’initiation incluant des violences sexuelles (comme le *hazing*), ou des guides anonymes comme le *« Junior Hockey League Bible »* (un manuel canadien de 2020 enseignant comment violer et filmer des femmes pour échapper aux poursuites). Ces pratiques renforcent l’idée que les femmes sont des objets disponibles pour le plaisir masculin. Pourtant, des mouvements de résistance émergent, comme les manifestations d’étudiants au Canada après la diffusion de listes de viols dans des écoles secondaires. Ces luttes visent à briser l’omerta et à exiger des comptes, mais elles se heurtent souvent à des structures de pouvoir bien établies, où l’argent, le statut social et les réseaux protègent les agresseurs.

