NapseflowNapseflow
Culture

Les jeunesses face au pouvoir : Au Maroc, une colère sourde

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 14 j

Le mouvement Gen Z 212, qui était descendu dans les rues marocaines il y a un an, avait été sévèrement réprimé. Aujourd'hui, alors que des centaines de participants sont encore emprisonnés et malgré les promesses du gouvernement, la colère de la jeunesse perdure, mêlée de déception..

GenZ 212 : origines

Le mouvement GenZ 212 est né au Maroc en 2025, lors de manifestations massives portées par la jeunesse marocaine. Ce collectif, principalement composé de jeunes nés entre 1997 et 2012 (d'où son nom GenZ), a émergé en réaction à des frustrations sociales profondes. Parmi ses revendications figuraient l'amélioration des services publics, notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé, ainsi que la démission du Premier ministre de l'époque, Aziz Akhannouch. Le mouvement se distinguait par son caractère apolitique, refusant de s'inscrire dans le jeu des partis traditionnels, souvent critiqués pour leur clientélisme (système où les faveurs politiques sont échangées contre des soutiens).

Répression et emprisonnements

La réponse des autorités marocaines au mouvement GenZ 212 a été marquée par une répression violente, tant policière que judiciaire. Entre 650 et 750 participants ont été arrêtés et emprisonnés, selon les estimations. Cette répression a contribué à affaiblir le mouvement, qui peine aujourd'hui à retrouver son élan initial. Les arrestations ont visé des figures emblématiques du collectif, ainsi que des militants moins connus, souvent condamnés à des peines de prison ferme. Cette stratégie a eu un effet dissuasif sur une partie de la jeunesse, tout en alimentant un sentiment d'injustice et de colère persistante.

Promesses non tenues

En réponse aux revendications de la jeunesse, le roi du Maroc, Mohammed VI, avait annoncé des mesures concrètes, notamment des investissements supplémentaires dans l'éducation et la santé. Cependant, un an après ces promesses, les résultats concrets restent limités. Les jeunes Marocains, qui attendaient des améliorations tangibles dans leur quotidien, expriment une déception profonde. Les services publics, comme les hôpitaux ou les écoles, continuent de souffrir de carences structurelles, malgré les discours officiels. Cette situation renforce le sentiment d'un décalage entre les annonces politiques et la réalité vécue par la population.

Défiance envers la démocratie

Le mouvement GenZ 212 a clairement affiché son refus de s'engager dans le système politique traditionnel, marqué par un clientélisme endémique. Lors des élections législatives de septembre 2026, le taux d'abstention chez les moins de 30 ans a été très élevé, confirmant cette défiance. Le parti Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé en tête, incarne pour beaucoup cette politique clientéliste, où les électeurs sont souvent influencés par des promesses de faveurs plutôt que par des programmes clairs. Cette méfiance envers les institutions démocratiques s'explique aussi par la répression subie par les militants, perçue comme une tentative d'étouffer toute voix dissidente.

Colère et exil

La frustration sociale et politique a poussé des milliers de jeunes Marocains à quitter le pays cet été, notamment en direction de Ceuta, une enclave espagnole au Maroc. Cet afflux illustre une forme d'exil intérieur, où les jeunes cherchent à échapper à un système perçu comme bloqué. La colère reste sourde, car elle n'a pas trouvé d'exutoire politique ou institutionnel. Les promesses royales et les réformes annoncées n'ont pas suffi à apaiser les tensions, laissant place à un sentiment de désenchantement et d'abandon. Cette situation pose la question de l'avenir de la jeunesse marocaine, entre résignation et recherche de nouvelles voies.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs experts ont analysé la situation du mouvement *GenZ 212*. Lina Benchekor, doctorante en sciences politiques, Mohamed Amyn Nfaoui, doctorant en sociologie politique au CNRS, et Mariam Benalioua, docteure en science politique, soulignent l'absence de structuration politique du mouvement. Pour eux, son caractère apolitique a limité sa capacité à peser sur les décisions, malgré sa mobilisation initiale. Ils pointent aussi le rôle central de la répression dans l'affaiblissement du mouvement, ainsi que l'incapacité des institutions à répondre aux attentes de la jeunesse. Leurs analyses montrent que la colère actuelle est le résultat d'un système politique et social qui peine à évoluer.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.