Disparitions en forêt de Boscodon 2/2 : La fin des questions ?
Crimes ou accidents ? Très fréquentée, la forêt locale connaît-elle, de façon mécanique, proportionnellement plus de chutes qu'ailleurs ?.
La forêt de Boscodon, située dans les Hautes-Alpes, est au cœur d’une série de disparitions mystérieuses survenues entre 2018 et 2021. Au total, cinq personnes ont disparu dans cette forêt très fréquentée, ce qui a suscité de nombreuses interrogations et théories, notamment sur d’éventuelles causes criminelles. Aujourd’hui, après des années d’enquête, les experts et les familles semblent avoir trouvé une réponse : ces disparitions seraient principalement des accidents liés à la randonnée. La forêt, bien que bien aménagée avec de nombreux sentiers répertoriés par l’Office national des forêts (ONF), reste un milieu naturel où les chutes ou les égarements peuvent avoir des conséquences fatales. Le maire du village de Crots, Jean-Pierre Gandois, souligne que des efforts importants ont été réalisés pour sécuriser les itinéraires, mais que le risque zéro n’existe pas dans un environnement aussi vaste et sauvage.
Maître Félix Allary, avocat des familles de deux victimes, Cédric Delahaie et Laurence Klamm, affirme qu’il n’y a désormais plus aucun doute : les disparitions sont des accidents. Après avoir examiné les dossiers du procureur, il confirme que la piste criminelle a été écartée. Cette conclusion met fin à des années de questionnements pour les familles, qui avaient parfois été confrontées à des titres de presse alarmistes, comme celui de Paris Match en 2021 : « Boscodon, la forêt dont on ne revient pas ». L’hebdomadaire avait alors dramatisé la situation, mais les enquêtes ultérieures n’ont révélé aucun élément permettant de suspecter une intervention criminelle. Parmi les cinq disparus, quatre corps ont été retrouvés, à l’exception de celui de Monique Thibert. Le quotidien Libération avait résumé la situation en 2023 avec le titre « Du mauvais pas, au trépas », évoquant des chutes ou des erreurs de parcours fatales.
Plusieurs acteurs ont joué un rôle clé dans cette affaire. Maître Félix Allary et Bernard Boulloud, avocats des familles, ont défendu la thèse de l’accident contre les soupçons initiaux de crime. Éric Klamm, mari d’une victime, a également témoigné pour faire avancer l’enquête et apporter un soutien aux familles. Bruno Rostan, membre de l’association Assistance et Recherche des Personnes Disparues (ARPD) dans les Hautes-Alpes, a apporté son expertise pour comprendre les mécanismes de disparition en milieu naturel. Enfin, Guillaume Faure, journaliste au Dauphiné Libéré, a couvert l’affaire et contribué à informer le public sur les avancées de l’enquête. Ces différents intervenants ont permis de clarifier les circonstances des disparitions et de rassurer sur la sécurité de la forêt, tout en rendant hommage aux victimes.
La forêt de Boscodon est un lieu très prisé des randonneurs, avec de nombreux sentiers balisés et répertoriés. Depuis des années, des travaux de sécurisation ont été menés en collaboration avec l’Office national des forêts (ONF), une institution publique chargée de la gestion des espaces boisés en France. Ces aménagements visent à réduire les risques d’accident, mais la nature reste imprévisible. Les chutes, les égarements ou les conditions météorologiques peuvent transformer une simple randonnée en drame. Malgré ces efforts, la forêt conserve une réputation inquiétante, en partie à cause de la médiatisation de certains cas. Pourtant, les autorités locales insistent sur le fait que Boscodon n’est pas plus dangereuse que d’autres forêts fréquentées, et que les accidents y sont proportionnellement comparables à ceux observés ailleurs en France.
L’affaire des disparitions en forêt de Boscodon a fait l’objet d’un documentaire diffusé sur *France Culture*, intitulé *« Disparitions en forêt de Boscodon : la fin des questions ? »*. Réalisé par Michel Pomarède et Guillaume Baldy, ce podcast de 30 minutes retrace les étapes de l’enquête et les conclusions des experts. Il met en lumière les témoignages des familles, des avocats et des journalistes, ainsi que les efforts des autorités locales pour sécuriser la zone. Le documentaire s’inscrit dans la série *« Une histoire particulière »*, qui explore des faits divers ou des énigmes historiques. Cette médiatisation a permis de faire avancer la compréhension du public sur les causes réelles des disparitions, tout en rendant hommage aux victimes et à leurs proches.

