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Géopolitique

Les entreprises qui résistent à Trump ne sont pas pénalisées par les marchés

Le Grand Continent · mis à jour il y a 14 j

Les bonnes performances des entreprises qui n’ont pas mis fin à leurs politiques de diversité après le retour de Trump montrent les limites de son influence sur le secteur privé. L’article Les entreprises qui résistent à Trump ne sont pas pénalisées par les marchés est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Décret Trump contre la diversité

En janvier 2025, Donald Trump, de retour à la présidence des États-Unis, signe le décret n°14173 intitulé Mettre fin à la discrimination illégale et restaurer les opportunités fondées sur le mérite. Ce texte ordonne aux agences fédérales de supprimer tous leurs programmes internes de diversité, équité et inclusion (DEI), et donne le pouvoir au département de la Justice d’enquêter sur les entreprises privées qui maintiennent ces politiques. Le décret s’inscrit dans une série de 42 décrets signés par Trump dans les 10 premiers jours de son mandat. L’objectif affiché est de lutter contre les discriminations inverses et de privilégier le mérite individuel. Cependant, ce décret a aussi pour conséquence de menacer les entreprises de poursuites si elles continuent à appliquer des critères de diversité dans leurs recrutements ou leurs décisions internes.

Résistance des entreprises

Contrairement aux attentes de certains observateurs, les entreprises américaines qui ont refusé de se conformer au décret de Trump n’ont pas subi de sanctions économiques. Une étude publiée le 14 août 2026 par deux chercheurs des universités Stanford et Berkeley montre que ces entreprises ont même surperformé sur les marchés par rapport à celles qui ont abandonné leurs politiques DEI. Les chercheurs ont analysé les retours anormaux, c’est-à-dire les écarts entre les performances réelles des actions et les performances attendues. Résultat : aucune pénalité n’a été observée, que ce soit en termes de rendements boursiers ou de chiffre d’affaires. Cette résistance illustre les limites du slogan go woke, go broke (« le wokisme conduit à la faillite »), souvent utilisé par des influenceurs conservateurs pour critiquer les entreprises progressistes.

Enquêtes fédérales ciblées

Malgré leur bonne santé économique, certaines entreprises qui maintiennent leurs politiques DEI font l’objet d’enquêtes fédérales. C’est notamment le cas de Google et de Verizon, visés par le département de la Justice pour avoir utilisé des critères de diversité dans leurs recrutements, alors qu’elles détiennent des contrats avec le gouvernement fédéral. Selon l’administration Trump, cette pratique pourrait constituer une fraude au sens du False Claims Act, une loi qui sanctionne les fausses déclarations pour obtenir des fonds publics. Ces enquêtes créent un climat d’incertitude juridique pour les entreprises, même si elles n’ont pas encore entraîné de condamnations majeures.

Ce que ça pourrait changer

Les politiques anti-diversité de l’administration Trump ont eu un impact direct sur les nominations dans les entreprises américaines. Entre mai 2025 et avril 2026, seulement 40 % des 364 nouveaux administrateurs indépendants nommés dans les entreprises du S&P 500 étaient des femmes ou des personnes issues de minorités, contre 72 % en 2022. Cette part est la plus basse depuis 2014. Par ailleurs, seulement 12 % des entreprises du S&P 500 déclarent désormais prendre en compte des critères de diversité dans leurs décisions relatives aux conseils d’administration, soit quatre fois moins qu’en 2024 (48 %). Cette tendance reflète une réduction des opportunités pour les groupes historiquement sous-représentés dans les instances dirigeantes des grandes entreprises.

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