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Culture

Avec « Ton animal maternel », Valentina Maurel filme la recherche d’une chambre à soi

Trois Couleurs · mis à jour 5 oct.

Dans son second long, présenté à Un certain regard cette année, la Franco-Costaricienne offre une ampleur nouvelle à l’univers familial et citadin déjà voluptueusement déployé dans son premier film "J’ai des rêves électriques" (2023)..

Un film présenté à Cannes

Le film Ton animal maternel de Valentina Maurel a été présenté à la section Un certain regard lors du Festival de Cannes en 2026. Cette section, créée en 1978, est dédiée à des œuvres originales et audacieuses, souvent en marge des grands circuits commerciaux. Valentina Maurel, réalisatrice franco-costaricienne, y avait déjà présenté son premier long-métrage, J’ai des rêves électriques, en 2023. Un certain regard met en lumière des films qui explorent des thèmes sociaux ou personnels avec une grande liberté formelle, ce qui correspond au style de Maurel.

Une héroïne en quête d'équilibre

Le film suit Elsa, une jeune femme de vingt ans qui revient au Costa Rica après des études en Belgique et une rupture amoureuse. Elle s’installe dans un appartement en travaux à San José, la capitale du pays, une ville décrite comme bouillonnante et en constante évolution. Elsa incarne une génération en quête de stabilité, entre héritage familial et aspirations personnelles. Son parcours illustre un entre-deux, une période de transition où les repères sont flous, tant sur le plan géographique que psychologique. Le film capture cette instabilité avec une caméra subjective, donnant l’impression de partager ses doutes et ses hésitations.

Une famille en recomposition

Elsa évolue dans un environnement familial complexe. Sa mère, autrice de poésie, voit son premier texte réédité, ce qui ajoute une dimension publique à leur relation. Son père, quant à lui, est accaparé par une nouvelle relation amoureuse, ce qui crée une distance avec Elsa. Sa jeune sœur, elle, squatte la maison familiale avec des inconnus, symbolisant une forme de désordre et de liberté. Ces dynamiques familiales, à la fois tendres et conflictuelles, sont au cœur du récit. Valentina Maurel, qui puise dans son propre vécu costaricien, donne à ces personnages une profondeur et une authenticité rares.

Une recherche de chambre à soi

Le titre du film, Ton animal maternel, fait référence à une expression costaricienne qui évoque une relation fusionnelle entre une mère et son enfant, presque animale. Ce thème est central dans l’intrigue : les trois femmes du film (Elsa, sa mère et sa sœur) cherchent chacune leur propre espace, physique et émotionnel. Elsa, en particulier, tente de s’approprier un appartement en travaux, un lieu à la fois inachevé et prometteur. Ce lieu devient le symbole de sa quête d’autonomie et de son besoin de se construire une identité en dehors du cadre familial. Le film explore cette recherche avec une sensualité et une liberté de ton remarquables.

Une esthétique immersive et sensuelle

Valentina Maurel utilise une photographie soignée et une mise en scène immersive pour plonger le spectateur dans l’univers des personnages. Les plans sont souvent calqués sur le rythme d’Elsa, avec des séquences qui semblent improvisées, sans structure narrative linéaire. La caméra subjective, qui adopte parfois le point de vue d’Elsa, renforce cette immersion. Le film alterne entre des scènes de vie quotidienne et des moments plus introspectifs, créant une atmosphère à la fois réaliste et onirique. Cette approche visuelle et narrative reflète l’état d’esprit des personnages, marqué par l’incertitude et l’émotion.

Ce que ça pourrait changer

Avec *Ton animal maternel*, Valentina Maurel confirme son talent pour dépeindre des univers familiaux et citadins avec une grande richesse. Le film s’inscrit dans la continuité de *J’ai des rêves électriques*, mais avec une ambition accrue : étendre son *lore* cinématographique, c’est-à-dire l’univers et les règles propres à ses récits. La réalisatrice, qui a grandi entre la France et le Costa Rica, puise dans ses expériences personnelles pour créer des personnages et des décors d’une grande authenticité. Le film sort en salles le 7 octobre 2026, distribué par JHR Films, avec une durée de 1h45.

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