La Scanie, ce petit coin de Suède qui se fait une place sur la carte des vins
Le pays scandinave n’a obtenu l’autorisation européenne de commercialiser ses vins qu’en 1999. Mais sous l’effet du changement climatique, de l’essor de la gastronomie nordique et du développement de la culture du vin, les crus venus de Scanie, comté le plus méridional de Suède, voient leurs volumes de vente augmenter rapidement, souligne “The Economist”..
La Scanie est un comté situé dans le sud de la Suède, frontalier avec le Danemark. C’est la région la plus méridionale du pays, ce qui lui confère un climat plus doux que le reste de la Suède, propice à la viticulture. Elle est souvent comparée à des régions viticoles européennes comme la Bourgogne ou la Champagne en raison de son sol et de son ensoleillement. Historiquement, la Suède n’était pas connue pour sa production de vin, mais la Scanie, grâce à ses conditions climatiques particulières, commence à se faire remarquer sur la carte mondiale des vins. Le vignoble de Kullaberg, situé dans cette région, est l’un des plus emblématiques du pays.
La Suède, et plus particulièrement la Scanie, est considérée comme un jeune pays de vin. En effet, l’Union européenne n’a autorisé la commercialisation des vins suédois qu’en 1999, bien après les grands pays producteurs comme la France ou l’Italie. Cette autorisation tardive s’explique par le climat froid de la Suède, historiquement peu adapté à la culture de la vigne. Aujourd’hui, la Suède compte une cinquantaine de domaines viticoles, principalement concentrés dans le sud du pays. Leur production reste modeste à l’échelle mondiale, mais elle connaît une croissance rapide, portée par des facteurs comme le changement climatique et l’évolution des goûts des consommateurs.
Le réchauffement climatique joue un rôle clé dans l’essor de la viticulture en Suède. Les hivers moins rigoureux et les étés plus longs permettent désormais à la vigne de pousser dans des régions où cela était auparavant impossible. Par exemple, les températures plus douces favorisent la maturation des raisins, essentiels pour produire des vins de qualité. De plus, l’augmentation des températures moyennes en Europe du Nord élargit les zones potentiellement adaptées à la viticulture. Ce phénomène n’est pas unique à la Suède : d’autres pays comme le Danemark ou le Royaume-Uni voient également émerger des vignobles prometteurs.
L’essor de la gastronomie nordique, reconnue internationalement pour son innovation et son utilisation d’ingrédients locaux, a également contribué à la popularité des vins suédois. Les chefs et sommeliers scandinaves promeuvent désormais les vins locaux comme le Immelen, un vin blanc de Kullaberg, dans leurs menus. Cette tendance s’inscrit dans une logique de circuits courts et de valorisation des terroirs locaux. Les vins suédois sont ainsi perçus comme une alternative aux vins traditionnels, notamment dans des événements prestigieux comme le dîner des Nobel, où ils ont été servis pour la première fois en 2025.
En 2024, un concours à l’aveugle a opposé une dizaine de vins européens réputés à une dizaine de vins suédois. Parmi les participants figuraient des blancs français, italiens et espagnols, mais c’est le vin Immelen de Kullaberg qui a remporté la première place, selon un panel de 18 sommeliers indépendants. Cette victoire a marqué un tournant : pour la première fois, un vin suédois a été jugé supérieur à des crus européens traditionnels. Ce succès a permis aux vins de Scanie d’être servis lors du dîner des Nobel en décembre 2025, un événement qui a attiré l’attention des médias internationaux sur cette région viticole émergente.
Victor Dahl, directeur exécutif du domaine de Kullaberg en Scanie, est l’un des acteurs majeurs de cette dynamique. Il a joué un rôle actif dans la promotion des vins suédois, notamment en participant au dîner des Nobel pour recueillir les retours des convives. Malgré cette progression, la production viticole suédoise reste marginale à l’échelle mondiale. Les volumes de vente augmentent, mais ils représentent encore une *petite goutte dans l’immense tonneau de la production mondiale*. Les défis incluent la concurrence des vins traditionnels, la nécessité de convaincre les consommateurs internationaux, et l’adaptation aux normes de qualité européennes pour exporter davantage.

