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Discours de Trump : six faits établis sur l’intégrité de la présidentielle de 2020

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 20 j

Ses allégations de fraudes massives qui lui auraient couté l'élection ont été réfutées à plusieurs reprises..

Renseignement : pas d’ingérence

En mars 2021, la communauté du renseignement des États-Unis a publié une évaluation déclassifiée indiquant qu’aucun acteur étranger n’avait tenté de modifier des aspects techniques du processus électoral de 2020. Cette analyse, réalisée par sept agences, concernait notamment l’inscription des électeurs, le dépôt des bulletins, le dépouillement et la transmission des résultats. La Chine, souvent citée par Donald Trump comme source d’ingérence, n’a pas été considérée comme ayant mené d’opérations d’interférence directe. Selon le rapport, Pékin n’a jugé aucun des deux scénarios électoraux suffisamment avantageux pour risquer une telle action. Une opinion dissidente, émise par l’Officier du renseignement national pour le cyber, suggérait que la Chine avait pu tenter d’influencer l’élection via les réseaux sociaux, les médias ou des déclarations officielles, mais sans preuve d’interférence dans les processus électoraux eux-mêmes.

États clés : résultats confirmés

Les six États clés ayant basculé en faveur de Joe Biden – la Pennsylvanie, le Wisconsin, le Michigan, la Géorgie, l’Arizona et le Nevada – ont tous mené des vérifications postélectorales selon leurs propres règles. Aucune fraude susceptible de modifier le résultat n’a été détectée, confirmant ainsi la victoire du candidat démocrate. La Géorgie, État républicain à l’époque, a effectué le plus grand nombre de vérifications, dont un audit manuel complet de 5 millions de bulletins. Ce recomptage a réduit l’écart entre les candidats, mais uniquement en raison d’erreurs de traitement et non de fraudes. Un audit des signatures des bulletins postaux dans le comté de Cobb a révélé un taux d’exactitude de 99,99 %. Des responsables républicains locaux, comme le gouverneur Brian Kemp et le secrétaire d’État Brad Raffensperger, ont publiquement défendu l’intégrité des résultats, malgré les pressions exercées par Donald Trump.

Administration : témoignages contre les fraudes

Plusieurs membres de l’administration Trump ont réfuté les allégations de fraudes massives après l’élection de 2020. L’Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures (CISA), ainsi que des autorités électorales fédérales et locales, ont publié un communiqué commun affirmant que l’élection avait été « la plus sûre de l’histoire des États-Unis ». L’ancien procureur général William Barr, un allié proche de Trump, avait initialement autorisé des enquêtes sur des irrégularités, mais a finalement conclu qu’aucune preuve de fraudes généralisées n’avait été trouvée. Lors d’un témoignage devant le Congrès en 2022, il a qualifié ces accusations de « complètement absurdes » et a souligné leur impact négatif sur le pays. Chris Krebs, alors directeur de la CISA, avait été limogé par Trump pour avoir garanti l’intégrité du scrutin.

Tribunaux : recours rejetés

Donald Trump et ses alliés ont engagé plus de 60 recours judiciaires pour contester les résultats de l’élection de 2020, couvrant des questions de procédure comme des contestations de la validité des résultats. La quasi-totalité de ces poursuites ont été rejetées par les tribunaux ou abandonnées. Selon le comité spécial sur l’assaut du Capitole, le camp républicain n’a obtenu gain de cause que dans un seul dossier, sans incidence sur l’issue du scrutin. Les juges ont systématiquement estimé que les allégations n’étaient pas étayées par des preuves suffisantes ou qu’elles ne démontraient pas d’irrégularités capables de modifier les résultats. Ces décisions judiciaires ont confirmé la légitimité des résultats dans les États pivots.

Machines à voter : pas de preuve

Les contestations concernant les machines à voter, notamment celles de l’entreprise Dominion Voting Systems, ont été parmi les moins nombreuses et les moins centrales dans les recours intentés par l’équipe de Trump. Les principales plaintes visaient l’Arizona et la Géorgie, où les machines de Dominion étaient utilisées. Aucun recours n’a permis de démontrer que ces machines avaient modifié des votes. En Arizona, un audit du comté de Maricopa a examiné les logiciels et équipements utilisés, sans trouver de preuve de piratage ou de manipulation. Un examen plus large, commandé par le Sénat de l’Arizona à majorité républicaine, a confirmé la victoire de Joe Biden avec une marge de 360 voix supérieure au décompte officiel. Les avocats de Trump ont parfois nuancé leurs accusations en cour, évoquant des erreurs de bonne foi plutôt qu’une fraude organisée.

Ce que ça pourrait changer

Les allégations de Donald Trump contre Dominion Voting Systems, accusée sans preuve d’avoir supprimé ou transféré des millions de votes, ont donné lieu à une série de poursuites en diffamation. Dominion a poursuivi Fox News et Newsmax pour avoir relayé ces affirmations. Fox News a finalement accepté de verser 787,5 millions de dollars américains à Dominion dans le cadre d’un règlement à l’amiable. Deux anciens avocats de Trump, Rudy Giuliani et Sidney Powell, ont également conclu des accords pour éviter des procès similaires. Sidney Powell avait notamment affirmé l’existence d’un vaste complot impliquant des serveurs en Allemagne, le Venezuela, Cuba, la Chine et des responsables républicains de Géorgie, sans jamais apporter de preuves. Ces règlements judiciaires ont marqué la fin de plusieurs procédures liées aux théories conspirationnistes sur l’élection de 2020.

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