Trump voulait « manipuler le processus judiciaire » en poursuivant le fisc, dit une juge
Le président avait porté plainte pour la fuite de ses déclarations d'impôts lors de son premier mandat..
En janvier 2024, Donald Trump, alors président des États-Unis, a engagé une procédure judiciaire contre l'Internal Revenue Service (IRS), l'administration fiscale américaine. Il réclamait 10 milliards de dollars de dommages et intérêts, accusant l'IRS de ne pas avoir empêché la fuite de ses déclarations d'impôts couvrant son premier mandat. Cette plainte visait à contester la gestion des données fiscales par l'IRS, un organisme fédéral chargé de percevoir les impôts aux États-Unis. Trump estimait que cette fuite avait porté atteinte à sa réputation et à ses intérêts. La poursuite a été lancée dans un contexte politique tendu, alors que Trump était déjà une figure controversée aux États-Unis.
Le 15 juillet 2024, une juge fédérale a rendu un jugement sévère sur cette plainte. Elle a estimé que la démarche de Donald Trump avait pour objectif de « manipuler le processus judiciaire », c'est-à-dire d'utiliser la justice comme un outil pour servir ses propres intérêts politiques ou personnels. Selon elle, cette stratégie visait à influencer ou à retarder des procédures légales en cours, notamment des vérifications fiscales. La juge a souligné que de telles actions pouvaient nuire à l'intégrité du système judiciaire américain, qui repose sur des règles équitables et indépendantes. Cette décision s'inscrit dans un contexte où les institutions judiciaires américaines sont souvent sous le feu des projecteurs en raison de leur rôle dans les affaires politiques.
En mai 2024, la poursuite de Donald Trump contre l'IRS a été abandonnée à la suite d'un accord entre les parties. Cet accord prévoyait la création d'un fonds de 1,776 milliard de dollars, destiné à indemniser des alliés politiques de Trump. Par ailleurs, l'administration Trump avait obtenu une immunité judiciaire partielle, ce qui signifie que ses alliés ne pourraient pas être soumis à des vérifications fiscales pendant une période déterminée. Cependant, cette solution a rapidement suscité des tensions au sein du camp républicain, certains estimant que le montant du fonds était excessif ou que l'immunité accordée était trop large.
Peu après la mise en place de l'accord, l'administration Trump a fait marche arrière concernant le fonds de 1,776 milliard de dollars. Cette décision a été prise en raison des critiques internes, notamment au sein du parti républicain, où plusieurs élus ont remis en question la légitimité et l'utilité de ce fonds. Certains y voyaient une tentative de contourner les règles fiscales ou une mesure clientéliste, favorisant des proches de Trump plutôt que l'intérêt général. Cette volte-face illustre les divisions au sein du camp républicain sur la gestion des affaires liées à Donald Trump, alors que celui-ci reste une figure centrale de la vie politique américaine.

