Naufrage au large de Djibouti : le bilan s’alourdit à 139 morts, 84 personnes toujours portées disparues
Au moins 139 migrants ont péri lorsque leur embarcation a chaviré au large de Djibouti, et 84 personnes restent portées disparues, a indiqué dimanche l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)..
Un bateau transportant 305 personnes a sombré dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 octobre 2026 au large de Djibouti, près de la localité de Guehere, située au nord de la ville d’Obock. Sur les 305 passagers, 82 ont survécu et 139 corps ont été récupérés, portant le bilan à 139 morts. Les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver les 84 personnes toujours portées disparues. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce naufrage est l’un des plus meurtriers recensés sur la route migratoire orientale, qui relie la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique. Cette route est empruntée par des migrants fuyant des conflits ou cherchant des opportunités économiques dans les pays du Golfe.
Djibouti est un pays de transit majeur pour les migrations entre l’Éthiopie et la péninsule Arabique. Depuis le 10 septembre 2026, plus de 20 000 personnes ont quitté l’Éthiopie pour se rendre à Djibouti, tandis que 3 700 réfugiés sont arrivés du Yémen et 539 migrants éthiopiens sont revenus en arrière. Ces mouvements illustrent une situation complexe où des milliers de personnes traversent la région malgré les dangers, comme les combats au Yémen. Entre le 20 et le 30 septembre 2026, plus de 3 000 migrants ont été repérés le long des routes migratoires à Djibouti, souvent sans accès à des services de base comme l’eau, la nourriture ou les soins médicaux. Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti, a qualifié cette situation de « plusieurs urgences simultanées ».
Les migrants prennent des risques extrêmes pour traverser la mer Rouge ou le golfe d’Aden, souvent dans des embarcations surchargées et non adaptées. Amy Pope, directrice générale de l’OIM, a souligné que « personne ne monte dans une telle embarcation sans être convaincu qu’il n’existe aucune autre façon de voyager en sécurité ». Pourtant, malgré les dangers, les départs se poursuivent en raison de l’absence de voies légales et sûres pour migrer. L’OIM insiste sur la nécessité de mettre en place des voies sûres et légales pour éviter ces tragédies, estimant que ces solutions sauvent des vies. Elle appelle les gouvernements et les donateurs à agir rapidement pour prévenir de nouveaux naufrages.
Les autorités djiboutiennes et les organisations internationales, comme l’OIM et les Nations Unies, poursuivent les recherches en mer pour retrouver les disparus. Jose Barahona, coordonnateur résident des Nations Unies à Djibouti, s’est dit « profondément attristé » par la mort d’au moins 139 personnes, dont des enfants. Il a exprimé sa solidarité envers les victimes, les survivants et les familles en attente de nouvelles. L’OIM apporte une aide d’urgence aux survivants dans son *Centre de réponse aux migrants* à Obock, incluant des soins de santé, un soutien psychosocial, de la nourriture, un hébergement et des services de protection. Le Secrétaire général des Nations Unies a rappelé l’urgence de protéger les personnes en déplacement et de renforcer la coopération internationale pour éviter de nouvelles tragédies.

