Iran : des enquêteurs de l’ONU alertent sur le coût humain des frappes
Après une série de frappes aériennes américaines meurtrières dans le sud de l'Iran, des enquêteurs indépendants mandatés par l’ONU ont appelé lundi toutes les parties au conflit à mettre immédiatement fin aux hostilités..
Le 1er septembre 2026, une frappe aérienne américaine a visé une maison à Kuhestak, dans la province d’Hormozgan (sud de l’Iran), où se tenait une fête de mariage. Selon les enquêteurs de l’ONU, cette attaque a causé des victimes civiles, dont des femmes et des enfants. Une autre frappe, survenue le 30 juillet 2026 à Qeshm (également dans l’Hormozgan), aurait détruit une habitation, entraînant la mort d’un homme, d’une femme et de leur fils de deux ans, ainsi que des blessures pour leurs deux autres enfants. Ces événements illustrent le coût humain des conflits armés, où des populations civiles, souvent vulnérables, paient le prix des hostilités.
Les deux localités frappées, Kuhestak et Qeshm, abritent des communautés minoritaires souvent confrontées à des discriminations. Kuhestak est majoritairement peuplée de Baloutches, un groupe ethnique présent en Iran et dans d’autres pays, tandis que Qeshm compte une importante population sunnite, une branche de l’islam minoritaire en Iran. Ces groupes subissent depuis des années une marginalisation structurelle, c’est-à-dire des inégalités ancrées dans les lois, les politiques publiques ou les pratiques sociales. Les enquêteurs de l’ONU soulignent que ces frappes aggravent leur exclusion politique et socio-économique, déjà forte.
Les enquêteurs de l’ONU, membres de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, estiment que ces frappes pourraient constituer des violations du droit international humanitaire. Ce dernier regroupe les règles qui protègent les civils en temps de guerre, comme les principes de distinction (interdiction de cibler des civils), de proportionnalité (limiter les dommages collatéraux) et de précaution (éviter les risques inutiles). Sara Hossain, présidente de la Mission, a averti que le non-respect de ces règles pourrait engager la responsabilité internationale des États concernés, y compris pour des crimes de guerre, c’est-à-dire des actes graves commis en violation du droit international.
Face à l’escalade des violences, les enquêteurs de l’ONU ont appelé toutes les parties au conflit — les États-Unis, Israël et l’Iran — à mettre immédiatement fin aux hostilités. Ils insistent sur la nécessité de respecter les obligations légales pour protéger les civils et éviter de nouvelles souffrances. La Mission souligne que la poursuite des frappes risquerait d’aggraver les tensions et d’accentuer les inégalités subies par les populations déjà vulnérables. Leur objectif est de relancer un dialogue crédible et de bonne foi sur la paix, les droits humains et la justice, afin de trouver une issue pacifique au conflit.
Les enquêteurs de l’ONU ont également alerté sur les **restrictions à l’accès à l’information** en Iran, un obstacle majeur pour documenter les violations des droits humains. Ils demandent aux **États membres de l’ONU** de garantir un **accès total et sans entrave** aux observateurs indépendants, aux journalistes et aux enquêteurs. Sans ces moyens, il devient difficile de recueillir des **preuves** pour établir les responsabilités. La Mission met en garde contre la **censure en ligne** et les coupures d’Internet, qui limitent la couverture médiatique des événements. Elle appelle les autorités iraniennes à ne pas restreindre indûment l’espace numérique, essentiel pour la transparence.

