+73 % en septembre en Europe, la voiture électrique donne tort aux discours alarmistes
Certains constructeurs et politiques misaient sur un ralentissement de la demande, les chiffres officiels de l’ACEA montrent au contraire un mois de septembre historique pour la voiture électrique. De quoi clore le débat autour du prétendu désamour des clients pour cette motorisation ?.
En septembre 2026, les immatriculations de voitures électriques en Europe ont connu une hausse spectaculaire de 72,9 %, atteignant 290 117 unités. Ce chiffre inclut les pays de l’Union européenne, mais aussi l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni, où le total s’élève à 416 433 véhicules. Ces données, publiées par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) le 22 octobre 2026, marquent un tournant : l’électrique n’est plus une option marginale, mais devient la motorisation dominante dans de nombreux pays. Cette progression survient malgré un contexte économique incertain, où le marché automobile européen affiche une croissance globale de 5,7 % depuis janvier 2026. Les véhicules à essence, en revanche, subissent un recul de 23,4 %, tandis que le diesel chute de 29,6 %.
Deux des plus grands marchés automobiles européens, la France et l’Allemagne, illustrent cette transformation. En France, les immatriculations de voitures électriques ont plus que doublé (+107,5 %), avec 65 243 unités vendues en septembre 2026. Elles dépassent désormais les hybrides (57 248) et relèguent l’essence loin derrière (16 391, -39,1 %). En Allemagne, le marché électrique enregistre une progression de 94,7 %, avec 88 599 immatriculations, devançant également les hybrides (71 190) et l’essence (44 632). Ces chiffres montrent que l’électrique n’est plus réservé à une niche, mais s’impose comme la motorisation préférée des consommateurs dans ces pays. Les hybrides, bien que toujours majoritaires à l’échelle européenne, voient leur croissance ralentir, un phénomène attribué à la hausse des prix des carburants.
En septembre 2026, l’électrique est devenue la motorisation la plus vendue dans 12 pays de l’Union européenne. Aux Pays-Bas, il représente plus de 52 % des ventes, tandis qu’au Danemark, il atteint un record de 88,8 % de part de marché. D’autres pays comme la Belgique, la Suède, l’Autriche, le Portugal, la Finlande, l’Irlande, le Luxembourg et Malte affichent des performances similaires. Hors de l’UE, la Suisse et la Norvège suivent cette tendance, avec respectivement 7 833 et 18 511 immatriculations électriques. En Espagne, l’électrique occupe désormais la deuxième place, devant l’essence, avec 17 366 unités (+71,7 %). Au Royaume-Uni, il frôle les 100 000 ventes (+36,3 %), écrasant l’essence (67 003). Ces données confirment que l’électrique n’est plus une exception, mais une norme dans une grande partie de l’Europe.
Le succès de l’électrique s’accompagne d’un recul marqué des motorisations fossiles. Sur les neuf premiers mois de 2026, les ventes de voitures à essence ont chuté de 19,1 %, représentant désormais 21,2 % du marché, contre 22,7 % pour l’électrique. Le diesel, autrefois dominant, ne représente plus que 7,1 % des ventes (602 206 unités). Les hybrides non rechargeables (HEV) restent la motorisation préférée des Européens avec 36,3 % des ventes (3,09 millions d’unités), mais leur croissance est bien inférieure à celle de l’électrique. Cette redistribution des parts de marché reflète un changement de comportement des consommateurs, influencé par la hausse des prix des carburants et les incitations à adopter des véhicules plus propres.
Malgré cette progression globale, certains pays résistent encore à la transition électrique. En Italie, l’électrique reste en quatrième position avec 10 552 ventes, loin derrière les hybrides (70 188) et l’essence (24 667). En Pologne et en République tchèque, les immatriculations d’essence (15 492 et 7 466) dépassent largement celles de l’électrique (3 478 et 2 141). Ces écarts s’expliquent par un réseau de recharge encore peu développé, un manque d’offres abordables et une préférence persistante pour les motorisations thermiques. Ces disparités montrent que la transition électrique n’est pas uniforme et dépend fortement des infrastructures et des politiques locales.
Sur les neuf premiers mois de 2026, l’électrique a enregistré 1 931 465 immatriculations, soit une progression de 48,5 % par rapport à la même période en 2025. Sa part de marché atteint désormais 22,7 % dans l’UE, dépassant officiellement les motorisations essence pures. Cette performance contredit les discours alarmistes qui prédisaient un ralentissement de la demande. Les constructeurs et l’ACEA, qui réclamaient des moratoires sur les normes CO₂ ou justifiaient leurs mauvais résultats par un prétendu désamour des consommateurs, sont aujourd’hui confrontés à une réalité différente : le marché n’a pas rejeté l’électrique, mais a simplement attendu des modèles plus abordables et des marques plus réactives. Les carnets de commandes des constructeurs laissent présager une poursuite de cette tendance dans les mois à venir.

